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10e Festival du Film asiatique de Vesoul
Du 10 au 17 février 2004



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Sources : Cinémas-Asie - Contact : festival.vesoul@wanadoo.fr

Le cinéma asiatique

 

Afghanistan

• Visages des Cinémas d’Asie Contemporains

OSAMA
Réalisateur : Sedigh Barmak

En Afghanistan, au début de la période du régime des talibans, les femmes, même cachées sous leur burka, n’avaient pas le droit de sortir dans la rue si elles n’étaient accompagnées par un homme ou un garçon. Certaines veuves, ou femmes sans enfants, condamnées à vivre enfermées, manifestent pour obtenir le droit de sortir, de travailler et d’avoir ainsi une place dans la société. La répression est sans pitié.
La mère et la grand-mère de l’héroïne, une petite fille de douze ans, imaginent de la déguiser en garçon afin qu’elle puisse trouver un petit boulot qui les aide à survivre. Sa démarche, sa voix, son ignorance des règles à observer, particulièrement à la madrassa, déclenchent les doutes.
Osama est le premier film afghan de l’après talibans. Il peut être vu comme un documentaire dénonçant d’une façon implacable cette société dirigée par des fanatiques bornés. Il montre de façon parfois brutale la réalité quotidienne sous les talibans. Le réalisateur raconte aussi une histoire, celle d’Osama et filme avec un certain esthétisme ces femmes, un peu comme Makhmalbaf, qui a soutenu ce projet.

Sedigh Barmak
Sedigh Barmak est né en Afghanistan en 1962 . Il étudie à l’Université de Moscou dont il sort diplômé en 1987. Après avoir écrit plusieurs scénarii, il réalise quatre courts métrages et deux documentaires. Il dirige pendant plusieurs années l’Organisation Gouvernementale du Film Afghan. Il ne peut tourner pendant le régime des talibans. Il est aide de camp du commandant Massoud. De retour du Pakistan où il était exilé, il retrouve son poste à l’Organisation du film. Depuis avril 2003, il préside l’ACEM (Afghan Children’s Education Movement).

Filmographie :
1980 : Billiard (cm)
1983 : Wall (cm)
1984 : Circle (cm)
1988 : The disatser of withering (doc)
1991 : The hadith of conquer (doc)

Chine

• Visages des Cinémas d’Asie Contemporains

ER DI - La dérive
Réalisateur : Wang Xiaoshuai
Des hommes, des femmes, des bougies au bord d’une plage. un départ de nuit ... Tout le monde connaît Hong Yunsheng dans son village. Il a réussi à immigrer clandestinement aux Etats-Unis. Il y a vécu quelques années, est tombé amoureux de la fille des patrons du restaurant dans lequel il travaillait, originaires du même village que lui. Ils ont eu un enfant. Les parents de la jeune fille l’ont dénoncé et il a été expulsé. De retour en Chine, il traîne à longueur de journée en ville. Il rencontre Xiaonu, jeune actrice d’une troupe d’opéra de Shanghai en tournée, tout aussi perdue que lui face à un avenir incertain.
Un jour, son fils revient au village avec le grand-père qui veut le présenter à la famille. Hong ne l’a pas vu depuis plusieurs années. L’enfant le reconnaîtra-t-il ? La famille le laissera-t-il au moins le voir ? Hong aimerait ne pas se poser tous ces problèmes, mais son frère aîné et sa belle-soeur, qui sont sans enfant, considèrent le fils de Hong comme la descendance de leur famille et le poussent à aller voir son fils.
La Dérive est le sixième film de ce réalisateur chinois dit de la sixième génération. Derrière l’immigration clandestine, les espoirs et les drames qu’elle représente, le film s’intéresse à la famille, aux relations entre frères, aux racines et à la descendance familiale.

Wang Xiaoshuai
Wang Xiaoshuai est né à Shanghai en 1966. Il est diplômé de l’Académie du film de Pékin. Ses premiers films, reconnus par les critiques occidentaux ont eu des problèmes avec le bureau du film chinois. So close to paradise, qu’il met trois ans à couper et à remonter est autorisé par la censure à quitter la Chine. Il est présenté à Cannes en 1999 dans la section “Un certain regard”. Beijing bicycle reçoit l’ours d’argent à Berlin en 2001.

Filmographie
1993 : The days
1995 : Frozen
1998 : So close to paradise
1999 : The house
2001 : Beijing Bicycle

• Amour et passion

Hong Kong
IN THE MOOD FOR LOVE
Réalisateur : Wong Kar-wai

Hong Kong, 1962. Chow Mo-wan, journaliste, loue une chambre chez M. Koo. Ce même jour emménage dans l’appartement voisin chez Mme Suen, Li-zhen, secrétaire de M. Ho, directeur d’une compagnie maritime. Chacun prend possession de sa chambre sans son conjoint. L’épouse de Chow Mo-wan est réceptionniste dans un hôtel. Le mari de Li-zhen, employé par une société japonaise est souvent en voyage d’affaires. A Hong Kong, où la crise du logement est criante, on se partage l’espace. Chow Mo-wan et Li-zhen se retrouvent souvent soit chez l’un, soit chez l’autre. Sans que l’on puisse déterminer avec précision comment cela a commencé, ils découvrent que leurs époux ont une liaison. Très choqués, ils répètent ce qu’ils leur diront quand ils oseront leur révéler qu’ils savent la vérité.
Quatre ans plus tard, Mow Chow-wan venu au Cambodge couvrir la venue du Général de Gaulle à Angkor, se souvient ...
A aucun moment Wong Kar-wai ne montre les conjoints adultères. Sa mise en scène est éblouissante. Elle est magnifiée par la beauté des deux stars du cinéma de Hong Kong que sont Maggie Cheung et Tony Leung, et par la musique, quasi obsédante. La douce mélancolie de ce très beau film d’amour imprégnera longtemps encore le cinéma mondial.

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Wong Kar-wai
Wong Kar-wai, né à Shanghaï en 1958, émigre avec sa famille à Hong Kong à l’âge de cinq ans. Diplômé en arts graphiques à l’Institut Polytechnique de Hong Kong, il est ensuite assistant de production puis assistant réalisateur sur diverses séries télévisées. Il devient scénariste pour le cinéma et réalise en 1988 As tear go by, devenant l’un des auteurs majeurs du cinéma de Hong Kong. Il obtient le prix de la mise en scène à Cannes en 1997 avec Happy Together.

Filmographie
1988 : As tear go by
1990 : Nos années sauvages
1994 : Les cendres du temps
1994 : Chungking Express
1995 : Les anges déchus
1997 : Happy Together
2000 : In the mood for love
2004 : 2046
• 10 ans, 10 coups de cœur

LAN FENG ZHENG - Le cerf-volant bleu
Réalisateur : Tian Zhuang Zhuang
Shujuan, jeune institutrice, a dû retarder son mariage avec Shaolong de quelques jours à cause de la mort de Staline en 1953. De cette union naît Tietou, le narrateur du film. Il se souvient du cerf-volant bleu que son père lui avait fabriqué. En 1957, commence la campagne des cent fleurs. Chaque Chinois, au cours d’audiences publiques, pouvait s’exprimer librement. Très naïvement, Guodong dénonce Shaolong, qui est déporté avec des milliers d’autres Chinois à la campagne. Il mourra accidentellement. Puis, en 1958, c’est le “ grand bond en avant ” qui se soldera par la famine et la mort de millions de Chinois. Plein de remords, Guolong se consacre à Shujuan et à Tietou. Mais il meurt de maladie. Shujuan se marie avec Lao Wu. Tietou accepte mal ce nouveau père. Lorsque commence la Révolution Culturelle en 1966, Lao Wu est arrêté. Shujuan tente de le défendre. Elle est arrêtée à son tour. Tietou est malmené par les gardes rouges.
A travers une chronique familiale, c’est une partie de l’histoire de la Chine au 20ème siècle que brosse ici Tian Zhuangzhuang.
Le cerf-volant bleu n’a pu être distribué en Chine et son réalisateur a été interdit de tournage pendant plusieurs années. Son film, Springtime in a small town, présenté à Venise en 2002 va être distribué en France.

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Tian Zhuang Zhuang
Tian Zhuang Zhuang est né en 1952 à Pékin. Fils de parents célèbres dans le milieu du cinéma, il fut garde rouge pendant la Révolution Culturelle, puis passa cinq ans dans l’armée avant de rejoindre l’Institut du cinéma à Pékin en 1978. Diplômé en 1982, il commence une carrière de metteur en scène devenant l’une des figures des cinéastes dits de la cinquième génération. Après Le cerf -volant bleu, il est interdit de tournage. Entre 1994 et 1997, il produit quatre longs métrages de jeunes cinéastes. En 2002, il réalise Springtime in a small town, 1er film qu’il peut tourner depuis Le cerf-volant bleu.

Filmographie sélective
1981 : L’éléphant rouge
1983 : Septembre
1985 : Le voleur de chevaux
1987 : Le conteur au tambour
1990 : Li Lianying,L’eunuque impérial
1992 : Le cerf volant bleu
2002 : Springtime in a small town
Hong Kong
A touch of zen
Réalisateur : King Hu
Ku Sheng-chai, jeune lettré vit avec sa mère aux confins de la Chine dans une vieille citadelle abandonnée. Il devient l’ami d’une jeune fille, Yang, fille de l’ancien censeur impérial Yang Lien qui a été tué par la police de Wei Chung-hsien, un eunuque tout puissant. Ou-Yang Nien, lieutenant de Wei Chung-hsien provoque en combat Yang. Celle-ci, instruite en arts martiaux par l’Abbé d’un monastère bouddhiste, et aidée par Ku Sheng-chai, va réussir à mettre en échec le détachement de police politique. Yang donne un enfant au peintre puis se retire dans un monastère. L’Abbé la contraint à retourner dans le siècle. Commence alors le combat contre la police secrète. A l’issue de ce combat, l’abbé Hui Yuan atteint le Nirvana.
Basée sur la nouvelle La jeune fille poursuivie de P’u Sung-ling, King Hu mêle des idées inspirées du zen. Des histoires gigognes se succèdent et s’organisent autour du peintre Ku, seul véritable personnage ? humain ? du film, le seul à ne pas se battre. Quatre années ont été nécessaires à la réalisation du film. Il sort dans de mauvaises conditions en 1972 à Taipeh et connaît un échec qui marquera un coup d’arrêt à la carrière de King Hu. Il tournera ensuite L’auberge du printemps puis The valiant. A touch of zen ne sera distribué que onze ans plus tard.

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King Hu
King Hu est né en 1931 à Pékin. King Hu arrive à Hong Kong en 1948 après de brèves études à l’Académie des Beaux Arts de Pékin. Il passe à la mise en scène en 1963. Avec Come drink with me en 1966, il participe à la naissance d’un nouveau genre : le film de cape et d’épée. Il quitte les frères Shaw et part pour Taiwan. Quatre ans plus tard, sort son chef-d’oeuvre A touch of zen qui est un échec commercial. De retour à Hong Kong, il tourne neuf films avant sa mort en 1997.

Filmographie sélective
1962 : The story of Sue San
1966 : Come drink with me
1972 : A touch of zen
1974 : The fate of Lee Khan
1975 : The Valiant ones
1978 : Raining in the mountains
1979 : Legend of the mountains
1981 : The Juvenizer
1990 : Xiao ‘ao Jianghu
1992 : Peau peinte, le roi de la loi Yinyang

• Regard sur le cinéma chinois

MALU TIANSHI - Les anges du boulevard
Réalisateur : Yuan Muzhi

Chine. 1971. Luo et Dai sont adolescents quand débute la Révolution culturelle. Les jeunes lycéens, amis d'enfance, fils d'intellectuels révolutionnaires, sont envoyés en camp de rééducation dans les montagnes de la province de Séchuan. La découverte d'une valise pleine de livres occidentaux, interdit parmi les interdits, va bouleverser leur vie, ainsi que celle d’une petite tailleuse chinoise. La lecture de ces livres et particulièrement de ceux de Balzac va permettre aux jeunes gens de s'ouvrir sur un monde extérieur dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. Dai et Luo puisent dans ces livres leur nourriture intellectuelle et s'initient grâce à Balzac à l'art de la séduction. La petite tailleuse, elle, fait son éducation sentimentale et s'éveille à la liberté. Liberté d'aimer, liberté de penser, de vivre, de rêver.
Dai et Luo quitteront le camp de rééducation en 1974. Luo est resté en Chine et Dai, qui vit en France depuis 1984, l'a perdu de vue. Ni l'un, ni l'autre n'ont jamais revu la petite tailleuse et ignorent ce qu'elle est devenue.
Après un repérage de plusieurs mois en Chine, Dai Sijie a pu enfin tourner l’adaptation de son livre largement autobiographique. Rafaël Schneider l'a suivi et nous entraîne sur les pas du romancier cinéaste.

Yuan Muzhi
Yuan Muhzi est né en 1909 à Ningbo dans la province de Zhejiang. Il s’intéresse d’abord au théâtre. En 1930, il part pour Shanghai et devient un acteur réputé, auteur des pièces qu’il joue. En 1934, il entre aux studios Diantong, puis aux studios Mingxing. De 1940 à 1946, il est en URSS. En 1949, il devient rédacteur du Bureau du cinéma. Il quitte ce poste en 1954 et décède en 1978.

Filmographie
1935 : Scènes de la vie urbaine
1937 : Les anges du boulevard
1939 : Yan’an et la huitième armée de libération (doc)
SAN MAO LIU-LANG-JI - San Mao le petit vagabond
Réalisateur : Zhao Ming et Yang Cong
San Mao (“Trois petits poils” en chinois) est un jeune orphelin qui doit affronter le froid et la faim. Tout comme ses petits camarades, il essaie de gagner quelque argent en faisant des petits boulots (vendre des journaux, aider les pousse-pousse, ramasser des mégots ...). Mais il se fait exploiter par la pègre. Il réussit à s’intégrer à une bande de gamins tout aussi miséreux que lui mais très chaleureux. Le jour de la fête de l’enfance, il réalise qu’il existe deux sortes d’enfants, les riches et les autres et bien sûr, il fait partie de cette deuxième catégorie. Il vit avec un couple de voleurs qui, contre nourriture et vêtements lui demandent de voler. Après un épisode burlesque dans un grand magasin, il parvient à leur échapper. N’en pouvant plus, il décide de se vendre à une famille riche sans héritier. Il n’y est pas heureux et lors d’une fête donnée par ses parents adoptifs, il invite tous ses copains de la rue. Il les rejoindra.
Mai 1949, les soldats communistes entrent à Shanghaï. Pour San Mao et ses camarades, c’est l’espoir.
San Mao est le héros d’une bande dessinée très célèbre en Chine de Zhang Luo-ping. Les réalisateurs veulent dénoncer la dégénérescence de la socité chinoise et la misère qui en découle. Le film, tourné avec beaucoup d’amour et de compassion pour les pauvres est plein d’humour et de dérision. A cause de la censure, il ne pourra être terminé qu’en août 1949 après la victoire des communistes.
WUYA YU MAQUE - Corbeaux et moineaux
Réalisateur : Zheng Junli

Fin 1948, l’armée communiste est sur le point de renverser le régime du Guomindang. Au deuxième étage d’un immeuble de Shanghai habitent Hou Yibo, personnalité en vue, et son arrogante maîtresse Yu Xiaoying. Ils louent les étages inférieurs à Hua Jiezhi, sa femme, sa fille, Petit bossu un colporteur, sa femme et ses enfants et Kong Youwen, ancien propriétaire de l’immeuble, aujourd’hui employé dans un journal. Un matin, les locataires sont informés sans ménagement que Hou Yibo veut vendre l’immeuble et qu’ils doivent quitter immédiatement les lieux. Chacun va avoir une stratégie différente : tenter de trouver un logement ailleurs, amadouer le propriétaire, lui tenir tête. Unis, ils résistent et Hou Yibo fuit en catastrophe la ville, avec sa maîtresse, quand éclate la révolution, emportant avec lui tout ce qu’il peut.
Le film commencé en 1948 est tourné presque dans la clandestinité, sur un script faux. Il ne pourra être terminé qu’en 1949.
Corbeaux et Moineaux est un film néoréaliste avant la lettre. Son réalisateur, qui connaîtra de graves problèmes pendant la Révolution Culturelle, réussit à prendre le pouls d’une situation sociale et historique en direct, tout en s’attachant à ses personnages, pas du tout manichéens, humains tout simplement, et cela avec tendresse et humour.

Zheng Junli
Zheng Junli est né en 1911 dans la province de Canton. En 1928, il entre à la société dramatique de Chine du Sud et est acteur de théâtre. Dès 1932, il joue dans de nombreux films de la linhua. En 1940, il réalise Vive la Nation et des films documentaires. Il poursuit sa carrière en tant que scénariste de films de fiction et documentaires. Victime de la révolution culturelle, il meurt en prison en 1969
.

Filmographie sélective
1940: Vive la nation
1947 : Les larmes du Yangzi
1949 : Corbeaux et moneaux
1954 : Song Jingshi
1959 : Nie Er
          Lin Zexu
1961 : L’arbre prend vie
NULAN WUHAO - La basketteuse n° 5
Réalisateur : Xie Jin
Tian Zhenzhua est entraîneur de l’équipe féminine de basket. Il découvre qu’une des jeunes filles qu’il entraîne Lin Xiaojie est la fille de Lin Jie. 18 ans plus tôt, Tian Zhenzhua, champion de basket, est fiancé à Lin Jie. Le patron de l’équipe est le père de sa promise. Un jour, il refuse d’entrer dans la combine, pourtant courante, de faire perdre son équipe au profit de celle de marins américains. Non seulement il est tabassé, mais il perd sa fiancée qui est mariée à un autre et il doit renoncer au basket. Lin Jie a eu une fille et est séparée de son mari. Les anciens amants sont heureux de se retrouver. Grâce à l’attention toute particulière de Tian et aux encouragements qu’il lui prodigue, Lin Xiaojie fait de gros progrès et malgré la réticence de son ami Tao, entre à l’Université des Sports. Elle devient le jeune espoir du basket chinois et représente son pays à l’étranger.

Xie Jin
Xie Jin est né en 1923 à Shaoxing. Il étudie à l’école spéciale d’art dramatique de Jiang’an et devient l’assistant de Wu Renzhi, Zheng Xiaoqiu et Shi Hui. Il réalise ensuite ses propres films
.

Filmographie sélective
1954 : Une crise
          Rencontre sur le pont des orchidées
1955 : Printemps au pays des eaux
1958 : Huang Baomei
1960 : Le détachement féminin rouge
1965 : Soeurs de scène
1975 : La baie des rochers
1977 : La jeunesse
1982 : Le gardien de trou peau
1986 : La ville des hibiscus
1997 : La guerre de l’opium
ZAOCHUN ERYUE - Février, printemps précoce
Réalisateur : Xie Tieli
Pendant les années 20, Xiao Jianqiu, jeune intellectuel calme et réfléchi, se réfugie au calme dans un village où il obtient un poste d’enseignant. Sur le bateau, il fait la connaissance de la veuve d’un ancien condisciple décédé pendant la Révolution de 1911. Touché par le malheur de cette pauvre femme, il lui donne de l’argent et lui propose de s’occuper de sa fillette. A peine arrivé, il se lie d’amitié puis d’amour pour la soeur du directeur de l’établissement Tao Lan. On bavarde beaucoup dans ce bourg, on répand des calomnies. Le bruit court qu’il a séduit la veuve de son ami. Pour sauver l’honneur de cette dernière, il lui propose de l’épouser. Tao Lan approuve la décision bien qu’elle lui coûte beaucoup. Les commérages continuent, poussant la veuve au suicide. Xiao, écoeuré par cette société hypocrite et corrompue, annonce par lettre à Tao son intention de quitter le pays pour rallier la lutte révolutionnaire. Elle le suivra bientôt.
Le film a connu un succès public, en Chine, à sa sortie en 1964 et lors d’une nouvelle sortie en 1978. Il a représenté la Chine au Festival de Cannes en 1979.

Xie Tieli
Xie Tieli est né en 1925. Il fait du théâtre militant, participe aux activités artistiques de l’armée et en 1950 travaille au ministère de la culture à Pékin. En 1955, il devient assistant réalisateur puis réalisateur aux studios de Pékin. Il est un des rares metteurs en scène à travailler pendant la Révolution Culturelle. Il poursuit sa carrière de cinéaste et est actuellement Président de l’association des cinéastes chinois et metteurs en scène de cinéma des studios de Beijing.

Filmographie sélective
1959 : L’île sans nom
1961 : L’ouragan
1970 : La prise de la montagne du tigre
1975 : La milicienne de l’île de Hainan
1978 : Le fleuve impétueux
1982 : Bao, père et fils
1984 : Un héritage
1989 : Dream of red mansion
1991 : Inside an old grave
1995 : Osmanthus blossoms late in golden autumn
A Q ZHENGZHUAN - La véritable histoire d’Ah Q
Réalisateur : Cen Fan
Ah Q pauvre garçon à qui rien ne réussit, trouve son bonheur en parvenant à rendre positif ses échecs. Il s’adapte très facilement et trouve toujours une raison de se consoler, d’espérer. Tout le monde le méprise : la riche famille du village, les Zhao, qui lui interdisent de porter le même nom qu’eux, un Chinois qui le prive de révolution, une nonne qui lui prédit qu’il mourra sans descendance et son maître Wu Ma Bai qui ose même un jour le gifler. Ah Q n’a jamais fréquenté de femme et il connaît un douloureux échec en tentant de séduire la bonne des Zhao.
Lorsque la révolution éclate en 1911, ce naïf pense que la vie va radicalement changer, que tout le monde va l’aimer et qu’il va pouvoir faire tout ce qui lui plaît. Il se révolte, se retrouve en prison, et même exhibé. Avant de mourir, il a juste le temps de crier : “ Dans vingt ans, un autre héros viendra ! ”.
Ah Q est le type universel du Candide. L’acteur Yan Shunkai est remarquable.
La véritable histoire d’Ah Q est la deuxième adaptation fidèle d’une nouvelle de Lu Xen. Il a été sélectionné en compétition officielle à Cannes en 1982.

Cen Fan
Cen Fan est né à Shanghai en 1926. En 1943, il débute au théâtre. En 1946, il s’intéresse au cinéma, est l’assistant de réalisateurs et scénariste tout en restant acteur. Il quitte Hong Kong pour Pékin, puis Shanghai. Il réalise son premier film en 1955.

Filmographie
1955 : Le mont Yandang
1956 : Grande rencontre de héros
1956 : Le prêt du vent et de l’Est
1958 : Lin Zexu
1959 : En luttant contre le Schitosomiase
1962 : Le rêve du Papillon rouge
1963 : Le berger et la tisseuse
1978 : Belle soeur Xanglin
1981 : La véritable histoire d’Ah Q
MEIYOU HANGBIAO DE HELIU
La rivière sauvage

Réalisateur : Wu Tianming
La vie n’est pas facile en Chine pendant la Révolution culturelle. Trois hommes, Pan, Zhao et Shigu, convoient du bois sur un fleuve du Hunan.
L’aîné Pan, qui a dépassé la cinquantaine, est souvent taciturne. Un jour, il raconte son histoire. En 1947, il a aimé une femme, Haihua, qu’il n’a pu épouser parce qu’il était trop pauvre. 30 ans plus tard, le jeune Shigu a presque le même problème. Sa jeune fiancée Gaixiu a été contrainte par un jeune loup de la révolution culturelle à épouser un autre homme. Il ne rêve que de vengeance. Le troisième homme, Zhao, quarante ans, travaille beaucoup pour subvenir aux besoins de sa famille. Souvent, les camarades aiment boire pour oublier. Le radeau est un peu un refuge dans ce monde où les hommes se déchirent.
La Révolution Culturelle est au centre du film. C’est la première critique ouverte à son encontre et c’est ce qui fait son intérêt principal.
La rivière sauvage ou le fleuve sans balise est aussi une histoire d’amours contrariés servie par de très bons interprètes, en particulier Li Wei.

Wu Tianming
Wu Tianming est né en 1939, dans le Shanxi. Il suit d’abord des cours d’art dramatique. Il coréalise deux films avec Teng Wenji, puis réalise seul, La rivière sauvage. Directeur du studio de X’ian, il tourne plusieurs films et fait travailler les cinéastes de la “ cinquième génération ” : Chen Kaige, Zhang Yimou. Menacé par la censure, il est contraint de s’exiler aux Etats-Unis où il demeure pendant huit ans.
De retour en Chine en 1994, il tourne Le roi des masques qui sera présenté en clôture du festival de Hong Kong
.
YE SHAN - Dans les montagnes sauvages
Réalisateur : Yan Xueshu
Huihui et son épouse Guilan travaillent la terre de façon traditionnelle, dans leur village des Monts Qiuling. Huihui n’aime pas les changements. Hehe, qui, en tant que soldat, a découvert un peu le monde, est lui très entreprenant. Il est séparé de sa femme Quirong et de leur enfant. Il loge chez Huihui et Guilan. Celle-ci, découragée par la passivité de son époux, encourage les initiatives de Héhé : l’élevage des vers à soie d’abord, le ramassage des excréments d’écureuil pour une utilisation médicale, plus tard.
Huihui est très opposé à toutes ces entreprises. Il est gêné par les bruits qui courent dans le village au sujet de Guilan et Hehe. Ces derniers font entrer le modernisme dans le village en faisant installer l’électricité. Huihui divorce de Guilan et épouse Quirong qui correspond mieux à l’image qu’il se fait de la femme chinoise au foyer.
Dans les montagnes sauvages fait partie du courant intimiste du cinéma chinois où le héros ne se fait plus la critique d’un groupe ou d’une institution, mais s’intéresse aux changements des mentalités.
“ Seulement si nous donnons un coup farouche contre les forces du conservatisme et de l’indolence enracinées dans notre caractère national, pouvons-nous alors provoquer une prise de conscience pour le changement. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que notre société pourra progresser. Je considère que ceci est le thème réel du film ”. Yan Xueshu

Yan Xueshu
Yan Xueshu est né en 1940. Diplômé de cinéma en 1960, il travaille d’abord comme assistant puis comme chercheur. A partir de 1975, il réalise ses propres films
.

Filmographie
1975 : Ya Yong
1978 : Lanse di Haitan
1985 : Dans les montagnes sauvages
XIANG NU XIAO XIAO - La jeune fille Xiao Xiao
Réalisateur : Xie Fei 

En 1910, Dans un village du Hunan, on célèbre le mariage selon la coutume, de XiaoXiao douze ans avec Chun Guan âgé de deux ans. Les enfants grandissent comme frères et soeurs. Xiao Xiao, jeune fille, s’éprend d’un ouvrier saisonnier, Hua Gou. Son mari n’est encore qu’un enfant. Elle cède à la tentation. Le jour où elle apprend à Hua Gou qu’elle est enceinte, toujours à cause du poids des traditions, une jeune veuve est noyée et son amant battu. Hua Gou, peu courageux, s’enfuit abandonnant Xiao Xiao. Dans un premier temps, elle est rejetée par sa famille puis on lui pardonne. Elle élèvera son fils, qui va être marié, à peine sevré, selon la tradition. Plus tard, à son retour de la ville, après ses études, le jeune homme se rebelle et osera refuser ce mariage forcé.
La jeune fille Xiao Xiao est un film intimiste qui traite d’un sujet jusqu’à présent tabou. Les femmes sont écrasées sous le poids des traditions et les perpétuent… En cela, c’est un film pessimiste.

Xie Fei
Xie Fei est né en 1942 à Shaanxi. Il est diplômé de l’Académie de cinéma de Pékin en 1965 avant la fermeture de l’Académie pendant la Révolution Culturelle. A sa réouverture en 1978, il devient metteur en scène pour le cinéma et le théâtre et chargé de cours.

Filmographie
1979 : Fire boy
1980 : The guide
1986 : La jeune fille Xiao Xiao
1990 : Neige noire
1992 : Soleil sur le toit du monde
1995 : Conte mongol
1993 : Les femmes du lac aux âmes parfumées
HE NI ZAI YI QI - L’enfant au violon
Réalisateur : Chen Kaige
Xiao Chun a toujours joué du violon. A 13 ans, il est déjà considéré comme un virtuose, pour la plus grande fierté de son père, Liu Cheng, un modeste cuisinier, qui décide de l’emmener à Beijing tenter sa chance dans des concours. Pour le jeune garçon, la capitale est fascinante, Mais ce qui l’attire le plus c’est sa voisine, la belle Lili, jeune femme entretenue.
Pour payer les leçons de son fils, Liu Cheng est prêt à tous les sacrifices et il fait plein de petits boulots. Deux professeurs vont s’occuper de Xiao Chun : M. Jiang, célibataire endurci, mélancolique et ombrageux, qui lui apprend à jouer en exprimant ses émotions et M. Yu, exigeant et manipulateur qui le pousse vers une carrière internationale. Mais au- delà de la musique, c’est la vie que Xiao Chun découvre. Il doit affronter ses doutes et apprendre à s’exprimer autrement que par la musique.
Bientôt, il va devoir apprendre à choisir ce que sera sa vie.
“L’enfant au violon est une fable, un conte... On y découvre la musique comme un art, un fabuleux vecteur de sentiment, mais aussi un univers redoutable où la compétitivité domine. En filigrane, c’est toute la société chinoise que l’on voit évoluer, à travers la jeune femme, à travers ses soifs de réussite insatiables. Par tous ces aspects, il interpelle chacun de nous, sur ce que nous voulons, ce dont nous avons vraiment besoin...
J’ai eu envie d’offrir de quoi réchauffer un peu ce monde glacial. ” Chen Kaige

Chen Kaige
Chen Kaige est né à Pékin en 1952. Son père est le réalisateur Chen Huaikai. Il doit interrompre ses études secondaires à cause de la Révolution Culturelle. En 1978, il est admis à l’Académie de cinéma de Pékin. En 1988, il vit à New York où il donne des cours à l’Université. Il regagne la Chine en 1990. En 1993, il reçoit la palme d’or à Cannes et le Golden Globe du meilleur film étranger pour Adieu ma concubine.

Filmographie
1984 : La terre jaune
1985 : La grande parade
1987 : Le roi des enfants
1991 : La vie sur un fil
1992 : Adieu ma concubine
1996 : La jeune maîtresse
1999 : L’empereur et l’assassin
2001 : Feu de glace
2002 : L’enfant au violo
• Jeune public

REN ZHI CHU - Le début de la vie
Réalisateur : Zhang Dongtian
Quand son père décède en 1917, Nie Er (musicien chinois très populaire) a cinq ans. Il vit avec sa mère et ses trois frères et soeurs aînés dans une modeste maison. C’est en vendant des produits pharmaceutiques, travail minutieux et prenant, que la mère réussit à faire vivre chichement sa petite famille. La musique tient une grande place dans la vie de Nie Er : la mélodie de la pendule murale, la flûte dont il va apprendre à jouer avec son voisin. Elle adoucit sa vie d’écolier dans cette école si coûteuse où il apprend dans un climat de sévérité et de contrainte.
Son maître de flûte quitte la ville et son meilleur ami disparaît tragiquement, sa mère tombe gravement malade. Heureusement, il y a aussi place pour le rêve, l’imaginaire, bercé depuis son plus jeune âge par les contes et légendes narrés par sa mère.
Nie Er n’est qu’un enfant comme tous les enfants. Pour le spectateur chinois, il est une gloire de son pays, le compositeur de l’hymne national chinois. “ J’ai voulu faire un film à la fois pour les enfants et les adultes où le public puisse se sentir enfant ou mère ; une plongée nostalgique et émouvante dans la relation entre une mère et son enfant ”. Zheng Dongtian

Zhang Dongtian
Zheng Dongtian est né en 1944. Il a obtenu son diplôme à l’Académie du Film de Pékin en 1966. Il y est enseignant et doyen du département de mise en scène.
Il est directeur du studio des films pour enfants de Pékin.


Filmographie
1977 : L’enfant brasier
1979 : Le guide
1981 : Les voisins
1987 : Jeunes couples
Hong Kong
MY LIFE AS MCDULL - McDull dans les nuages
Réalisateur : Toe Yuen
Mc Dull est un petit cochon vivant à Hong Kong avec sa mère célibataire, Mme McBing. Plus prompt à rêver qu’à travailler à l’école, Mc Dull ne pense qu’à réaliser ses désirs comme celui de partir pour les îles Maldives ou devenir champion olympique. Des songes que la mère, malgré ses faibles économies, va faire son maximum pour exaucer avec un peu d’ingéniosité et beaucoup de bonne cuisine. En attendant, le petit McDull s’entraîne dur pour raviver la discipline oubliée de la “capture de brioches” pendant que sa mère essaye de la faire devenir sport olympique…
Si McDull dans les nuages est profondément ancré dans la ville et la vie de Hong Kong, les questions que se pose le petit Mc Dull, ses rêves, ses espoirs ... résonnent familièrement aux oreilles de n’importe quel enfant et adulte du monde. Qui n’a pas en effet rêvé d’une destination merveilleuse, sans trop connaître sa location exacte ? Qui n’a pas rêvé de devenir une super star ? Quel gamin n’a pas cherché à faire plaisir à ses parents? McDull est un enfant comme des millions d’autres, avec une petite particularité physique tout de même, étant donné qu’il s’agit d’un cochon !
Le film est le premier long métrage d’animation 100% hong kong. C’est un mélange d’animation en 2D, en 3D, des photos sont utilisées en fond graphique et des scènes “live” incrustées.

Toe Yuen
Toe Yuen a réalisé la série télévisée McMug en 1997. Il est spécialiste de l’animation assistée par ordinateur et a édité plusieurs BD et tourné deux courts métrages.
• Vidéo documentaire
Chine/France
UN VOYAGE À LA SOURCE
Réalisateur : Liao-yi Lin
Cinq ans ont passé depuis l’inauguration des travaux du barrage des Trois Gorges. Il y a des villes, des villages, des paysages qui seront noyés sous les eaux tumultueuses du Fleuve Yangzi. Des monuments historiques seront inondés ou déplacés. Lin Liao-Yi se doit d’emmener sa fille, eurasienne, qui a 7 ans avec elle pour lui montrer ces trésors du patrimoine chinois, avant qu’ils ne disparaissent ... Elle a très envie de faire voir à cet enfant cette Chine avant qu’elle ne soit noyée dans l’oubli. Elle passe par Hong Kong pour voir sa mère. La sentant malheureuse, elle décide de l’emmener avec elles. C’est aussi pour elle un voyage à la source, dans ce pays qu’elle a fui pour Hong Kong en 1957. Pour la première fois, elles se retrouvent toutes les trois à voyager dans les “veines de leur Terre Mère, la Chine”.

Liao-yi Lin
Lin Liao-yi est née en 1960 à Hong Kong. Elle est licenciée de philosophie et de littérature chinoise de l’Université chinoise de Hong Kong et diplômée de la FEMIS . Elle est scénariste et réalisatrice de fictions et de documentaires.

Filmographie
1989 : Hong Kong 1997
1991 : Vers la moitié du ciel
1996 : Dernier amour d’automne (doc)
1999 : Un voyage à la source (doc)
2000 : Mamallacta - La Terre mère (fiction/doc)
2002 : 7 recettes de bonheur parfait

Corée du Sud

• Amour et passion

FAILAN
Réalisateur : Song Hae-sung

Lee Kang-jae vient de sortir de prison. Traité avec mépris, ce “bandit médiocre” comme il se définit, tente en vain de regagner sa respectabilité d’autrefois auprès des membres du gang auquel il appartient. Son existence semble sans issue et même son rêve le plus cher, avoir un bateau de pêche, semble inaccessible.
Un jour, il reçoit la visite de la police qui lui apprend la mort d’une jeune femme, SA femme. Pour quelques billets, il a, quelques années auparavant, accepté un mariage blanc avec Failan, jeune émigrée chinoise contrainte de trouver du travail et un époux en Corée afin de pouvoir s’y installer définitivement. Il ne l’a jamais rencontrée. Troublé par cette disparition qui lui est à la fois si proche et si lointaine, il se rend à la morgue pour reconnaître le corps de Failan. Il va petit à petit découvrir tout l’amour que lui portait Failan et tomber à son tour amoureux de celle qui n’est plus.
Adaptée d’une nouvelle japonaise de Jiro Asada, Failan est la très belle histoire d’amour d’un couple qui ne s’est jamais rencontré. Song Hye-sung parvient à trouver l’équilibre entre noirceur et candeur, violence et excessive gentillesse. Il est servi par Cho Min-shik, l’interprète de Ivre de femmes et de peinture d’Im Kwon-taek et Cécilia Cheung jeune actrice chinoise découverte dans Shaolin Soccer.

Song Hae-sung
Song Hye-sung, né en 1964, est diplômé en cinéma de l’Université de Hanyang en 1989. D’abord assistant réalisateur sur trois films, il réalise en 1999 son premier film Kara.

Filmographie
1999 : Kara
2001 : Failan

• 10 ans, 10 coups de cœur

SPRING IN MY HOMETOWN
Printemps dans mon pays natal

Réalisateur : Lee Kwang-mo

Durant l’été 1952, en pleine guerre de Corée, Sungmin et Changhee, les meilleurs amis du monde, sont témoins d’une scène qui va bouleverser leur vie : ils voient la mère de Changhee se prostituer avec un GI dans un vieux moulin. C’est Choi, le père de Sungmin qui est son proxénète et qui a organisé la rencontre. Changhee décide de se venger, et sans en dire un mot à son ami, il met le feu au moulin où une jeune Coréenne et un GI font l’amour. Un an passe. Le corps d’un enfant, horriblement boursouflé, est retrouvé dans un marais, près du vieux moulin.
“ J’ai parfois l’impression que la vie n’est vraiment pas facile et que l’être humain est plus fragile que du verre, ce qui soulève des questions sur le sens même de la vie. Comment l’homme peut-il faire face à une réalité absurde, dénuée du moindre espoir ... Le titre du film est celui d’une chanson pour enfants très aimée en Corée. Un adulte se souvient du village de son enfance où il ne peut plus retourner. La chanson, pleine de nostalgie, renvoie à la réalité tragique de 10 millions de Coréens coupés de leurs familles par la division du pays ”. Kwangmo Lee
C’est un film dune grande sensibilité qui ne peut laisser indifférent.

Lee Kwang-mo
Kwangmo Lee est né en 1961. Il étudie la littérature anglaise à l’université de Corée. Professeur dans de nombreuses universités, depuis 1995, il enseigne le cinéma à l’université de Chung-Ang. Il a contribué à la mise en place du centre oréen du film d’art.

Filmographie
1987 : The end of Journey (cm)
1990 : Obsession (cm)
1998 : Spring in my home town
• Jeune public

URIDUI-UI IL GUROJIN YONGUNG
Notre héros défiguré

Réalisateur : Park Chong-won
Han Byung-tae, qui enseigne dans une école privée, se souvient de ses années d’école primaire, passées à la campagne trente ans plus tôt. A cette époque, son père, fonctionnaire à Séoul, vient d’être muté dans une zone rurale. Dès son arrivée, le jeune Han se heurte au chef de classe, Um Suk-dae. Les deux enfants en viennent rapidement à l’affrontement physique, jusqu’à ce que leurs relations se normalisent et que Hang devienne un subordonné dévoué. Un nouveau professeur, Kim Chong-won enseignera aux adolescents l’égalité, la justice, la vérité, le courage et la démocratie.
C’est l’histoire des rêves, des discordes, de l’amitié d’un groupe d’adolescents à travers leur vie scolaire, dans les années cinquante - soixante, juste avant le boom économique coréen. Pak Chong-won a su mettre en situation, dans un milieu social très justement décrit, les relations de ces adolescents.

Park Chong-won
Park Chong-won est né en 1960 à Séoul. Il a étudié à l’Université Korean Acade - my of Film Arts d’Hanyang. En 1989, il tourne son premier film de fiction Kuro Arirang.

France

• Regard de l’occidental sur l’Asie

MADAME BUTTERFLY
Réalisateur : Frédéric Mitterrand

La jeune geisha Cio Cio San épouse Pinkerton, fougueux capitaine américain. Pour celui qu’elle aime d’un amour total, elle renonce à sa religion pour se convertir au christianisme. Au cours de la cérémonie, un de ses parents, un bonze, la maudit : sa faute est d’avoir épousé un occidental et rompu avec les traditions ancestrales.
Pinkerton part pour les Etats-Unis. Cio Cio San, profondément triste, attend avec angoisse le retour de celui qu’elle aime et qui est le père de l’enfant qu’elle porte. Pinkerton revient au Japon. Elle ne le reverra pas. Il s’est marié aux Etats-Unis et pousse la lâcheté jusqu’à refuser de rencontrer sa femme nipponne.
La pièce d’origine de David Belesco est inspirée du roman de Pierre Loti, Madame Chrysanthème. Giacomo Puccini compose l’opéra Madame Butterfly. Frédéric Mitterand tourne le film opéra du même nom, fidèle à Puccini et original dans sa mise en scène.
Cette tragique et très belle histoire d’amour est vue à travers le regard de quatre occidentaux.

Frédéric Mitterrand
Frédéric Mitterand est né en 1947 à Paris. Après des études d’histoire et géographie et de sciences politiques, il enseigne. Il est ensuite gérant de sociétés puis producteur et animateur d’émissions de télévision. Depuis 1981, il a réalisé des courts et longs métrages.
Il a reçu en juin 2003, le prix Dorgelès et est depuis août 2003 directeur général délégué en charge des programmes et de l’antenne sur TV5.


Filmographie sélective
1981 : Lettres d’amour en Somalie
1984 : Paris vu par… vingt ans plus tard
1995 : Madame Butterfly
• Jeune public
France/Chine
LE CERF-VOLANT DU BOUT DU MONDE
Réalisateur : R. Pigaut et Wang Kia yi
Le petit Pierrot et sa bande de copains montmartrois découvrent, perché tout en haut d’un arbre, un magnifique cerf-volant multicolore. Non sans difficultés, ils s’en emparent et découvrent, cousue dans une aile, une lettre écrite en chinois qu’ils se font traduire par un voisin antiquaire chinois. Un petit Pékinois du nom de Song Siao Ting envoie un message d’amitié aux enfants qui découvriront le cerf-volant. Bébert, “ le méchant ” de la bande s’empare de la partie du cerf-volant où est écrite l’adresse de Song. Pierrot s’endort, tout triste. Lui apparaît Sun Wukong, roi des singes et des musiciens. Il l’expédie en Chine en compagnie de sa petite soeur. Il lui confie la bille magique qui l’aidera à trouver Song. A Pékin, les enfants connaissent de nombreuses aventures…
Première coproduction cinématographique de la France et de la Chine, ce film pour enfants, qui parle de tendresse et d’amitié a été vu par des millions d’enfants en Chine où il a été distribué à l’occasion de la fête des enfants, et en France.

R. Pigaut et Wang Kia yi
Roger Pigaut né en 1919 à Vincennes est d’abord acteur. En 1958, il réalise son premier film Le cerf-volant du bout du monde qui connaît un très grand succès. Il tourne ensuite des films policiers.

Filmographie
1958 : Le cerf-volant du bout du monde
1970 : Compte à rebours
1972 : Trois milliards sans ascenseur
1975 : Le guêpier

Wang Kya-yi est acteur avant de devenir le co-réalisateur du Cerf-volant du bout du monde.
• Vidéo documentaire
Chine/France
UN JOUR A PÉKIN
Réalisateur : Bernard Louargant

La Chine connaît aujourd’hui un essor économique sans précédent. Au regard de ce développement historique, la ville de Pékin se transforme pour accueillir les jeux Olympiques de 2008. Les autorités chinoises détruisent à grands coups de bulldozers des quartiers entiers de la vieille ville pour céder la place aux supermarchés et hôtels de luxe internationaux. Témoignage d’une histoire riche et tourmentée, les petites ruelles de la vieille ville ou “hutongs” sont devenus la proie des promoteurs immobiliers. Les derniers habitants de la vieille ville témoignent des méthodes employées par le gouvernement pour les faire partir. Toute le ville est devenue un immense chantier, les ouvriers travaillent jour et nuit et les buildings poussent comme une forêt de bambous. Aucun contrôle n’est sérieusement exercé, ni sur la hauteur des tours, limitée à vingt étages dans le centre ville, ni sur les zones démolies, qui sont le plus souvent d’anciennes zones protégées, et encore moins sur le devenir du patrimoine.

Bernard Louargant
Bernard Louargant est né en 1956 à Paris. Il enseigne la photographie et la réalisation audiovisuelle à l’école française des Attachés de Presse. En 1989, il crée l’association Génération Vidéo où il produit et réalise courts métrages et reportages. Il travaille tour à tour à la production, à la mise en scène, au cadre et au montage. En 1997, il rejoint la société IMAGIE Productions en qualité de producteur et réalisateur de documentaires.

Filmographie
1999 : Mosfilm, miroir d’un empire
1999 : Au son du bendir
2000 : L’aéroflot
2003 : Un jour à Pékin
2003 : Lev Kerbel, le sculpteur de Lénine
Chine/France
MING, ARTISTE BRIGAND
Réalisateur : Michel Quinejure
Né à Shanghai en 1960, Ming est un enfant de la Révolution culturelle. Au début des années 80, il s’installe à Dijon. Il devient vite célèbre pour ses portraits de Mao qu’il défigure, en grand format, toujours en noir et blanc ou en rouge. Ming avoue rapidement exécuter un règlement de compte entre lui et le sujet peint. Après Mao, Ming s’attaque à Bouddha, Bruce Lee, son père et de nombreux sujets connus ou inconnus, posés ou fruits de son imagination. Ce film se déroule sur plusieurs années entre 1991 et 2002. Nous le suivons notamment dans un voyage à Shanghai où il accompagne trois de ses élèves. Des bribes de vie alternent avec des séquences de peinture.
Michel Quinejure a connu Ming en 1991 à sa première exposition. Il décide de l’accompagner lors de son premier retour en Chine après 10 ans d’absence. Depuis il n’a cessé de le filmer.
“Ce qui m’intéresse dans ce film c’est montrer la vie d’un peintre au quotidien, casser le mythe de l’artiste impénétrable qui évolue dans les sphères à part et loin des préoccupations du grand public.” M. Quinejure

Michel Quinejure
Michel Quinejure est né en 1955. Après avoir réalisé des émissions radiophoniques sur France Culture, de 1984 à 1986, il participe à de nombreux magazines culturels sur France 3 dont “Ram dam” et “Faut pas rêver” de 1989 à 1993. En 1994 et 1995,, il signe un film sur l’art contemporain et sur le Caravage pour Canal + et réalise ensuite une série de documentaires pour France 5 sur l’art, l’architecture et l’habitat.
LEYLA ZANA, LE CRI DE LA VOIX ETOUFFÉE
Réalisateur : Kudret Gunes
Leyla Zana, le cri au-delà de la voix étouffée est le portrait de Leyla Zana, première députée kurde élue en 1991 au Parlement turc et “mère” de tout un peuple déchiré par une histoire tragique.
Symbole de courage civique, modèle de respect pour tous ceux qui combattent l’injustice partout dans le monde, la vie de Leyla Zana pose aussi la question de l’engagement d’une femme, du sacrifice d’une mère...
Ce film retrace son parcours et son combat à travers des archives et des témoignages de proches.
“Comme Leyla Zana, je suis Kurde, femme et mère ... Aujourd’hui faire un film sur Leyla Zana me paraît plus que jamais un acte important vis- à-vis des souffrances qu’elle endure et à qui ses propres patriotes kurdes ont un jour dit : “femme tais-toi”! ... il me semble que faire son portrait aujourd’hui est une évidence, face à tout ce qu’elle m’a apporté ... Je suis enfin capable de lui rendre hommage. Son courage et sa force, sa grande humanité, ne doivent pas rester un secret pour d’autres.” Kudret Gunes

Kudret Gunes
Kudret Gunes est née en Turquie. Après des études de journalisme et d’éducation sociale en Turquie, elle étudie la réalisation et le montage en France. Elle devient une spécialiste de Yilmaz Güney puis écrit des scénarii et réalise à la fois des documentaires et des films de fiction
.

Filmographie
1999 : Göcmen l’immigré (doc)
2001 : Mon cher papa (cm)
2002 : Leyla Zana
2002 : Mehdi Bilici, voir la vie autrement (doc)
Inde/France
LE MONASTÈRE DZOGCHEN
Réalisateur : Daniel Castro
Mars 2003. Le soleil se couche sur un temple bouddhiste tibétain, perché en haut d’une colline au sud de l’Inde. Des centaines de personnes fêtent les dix ans de ce temple magnifique aux décorations multicolores. C’est l’histoire de l’incroyable mission humanitaire d’un jeune moine, Dzogchen Rinpoché, dans le cadre d’une mission qui lui a été donnée par le Dalaï Lama. Une communauté de 6 000 Tibétains réfugiés au sud de l’Inde, est en situation de catastrophe humanitaire. Dzogchen Rinpoché transforme cette situation désespérée en joie de vivre. Plus tard, il ouvre son monastère aux occidentaux. Ceci donne lieu à un incroyable échange de cultures : des connaissances anciennes et des nouvelles technologies, deux mondes qui peuvent s’aider mutuellement en échangeant leurs trésors.
Aujourd’hui, Dzogchen Rinpoché se bat pour maintenir vivante la culture tibétaine. Il nous fait découvrir l’art de son pays. Son action nous montre qu’il est possible de faire vivre des traditions millénaires dans le monde moderne.

Daniel Castro
Daniel Castro est né en 1956 à Buenos Aires. Après des études au Conservatoire National des Arts dramatiques et à l’Institut National du Cinéma de Buenos Aires, il réalise des publicités, est metteur en scène de théâtre. En 1988, il crée Fairlight Films à Paris. Tout en réalisant des longs métrages, il enseigne l’analyse du film à Nanterre.

Filmographie
1981 : Chicago’s Blues (doc)
1989 : La Maîtrise
1997 : The eyes of the heart
1999 - 2003 : Tango pour deux
                     Comme un orage d’été
2003 : Le monastère Dzogchen (doc)
Ouzbekistan/France
MAVLUDA, OTINKA
Réalisateur : Jean-Christophe Roux
Le 24 juin 2001, six mois avant que la communauté internationale décide de faire tomber le régime des talibans en Afghanistan, je suis parti pour la vallée du Ferghana, une région à l’est de l’Ouzbekistan à la recherche d’une femme mollah. En Asie centrale, on donne à ces femmes mollah, le nom d’Otine. Je ne connaissais alors Mavluda qu’à travers le témoignage d’une amie Berlinoise.
Mavluda, telle une Otine, occupe les mêmes fonctions que les mollahs dans le monde exclusif des femmes. Ainsi, elle conduit les cérémonies religieuses et organise des lectures du Coran.
“Il me semble important d’empêcher les amalgames qui sont souvent faits sur la religion musulmane et la réalité des régimes en place ... Dans mon documentaire, j’ai essayé de faire découvrir le phénomène religieux des femmes de Bektimour plutôt que de simplement le couvrir. Plus largement, faire connaître la situation des femmes en terre d’Islam en Asie centrale me semble éminemment important pour permettre aux Européens de sortir du préjugé qui consiste à associer la religion musulmane à l’oppression sur les femmes, en oubliant la réalité des régimes dans lesquels cela se déroule. Jean-Christophe Roux

Jean-Christophe Roux
Jean-Christophe Roux a organisé des échanges de troupes de théâtre entre la France et la Lituanie, puis des tournées de groupe de rock russe en France. Il est titulaire d’un doctorat d’histoire contemporaine.
Il a réalisé un documentaire sur les femmes et la guerre au Tadjikistan Panser ses pensées, et en collaboration avec des chercheurs de Berlin et le CNRS, il a réalisé Mavluda, Otinka
.

Inde

• Amour et passion

DEVDAS
Réalisateur : Sanjay Leela Bhansali

Devdas, fils de Narayan Mukherjee, riche propriétaire terrien et Parvati (dit Paro) s’aiment depuis l’enfance. Devdas part à Londres faire ses études. Devdas et Paro sont loin l’un de l’autre pendant dix longues années. Quand Devdas regagne son village, Tal Sonapur, ils pensent que la vie va reprendre comme autrefois. C’est sans compter sur l’emprise des castes et des différences sociales de ce début de siècle en Inde. On marie Paro à un riche noble beaucoup plus âgé qu’elle. Devdas, désespéré sombre dans l’alcool et se réfugie auprès d’une courtisane à la beauté légendaire. Entre une femme qu’il ne cessera d’aimer et une autre que tout l’empêchera d’aimer, le bonheur lui est refusé à jamais.
Chaque Indien connaît cette histoire d’amour née d’un roman de Sarat Chandra Chattopadyay publié en 1917 et adapté sept fois à l’écran. Pour la 1ère fois, un film de Bollywood était présent à Cannes, en 2002.
Devdas, méga production, mélo kitsch et glamour, loin du cinéma d’auteur indien, certes. Laissons-nous emporter par un flot de danses, décors, costumes, lumières, véritable feu d’artifice visuel et par la beauté des deux stars indiennes Aishwarya Rai, Miss Monde 1994, et Madhuri Dixit.

Commander le film

Sanjay Leela Bhansali
Sanjay Leela Bhansali est né en 1963 à Bombay. Il étudie le Odissi, danse classique indienne avec Natbar Maharana. Il est diplômé de l’Institut du film et de la télévision indienne.

Filmographie
1996 : Khamoshi - The musical
1999 : Hum dil de Chuke Sanam
• 10 ans, 10 coups de cœur

PATHER PANCHALI - La complainte du sentier
Réalisateur : Satyajit Ray

Une famille de Brahmanes pauvres vivant dans un village du Bengale essaie de survivre malgré les difficultés que rencontre le père, un honnête lettré incarnant la tradition avec dignité. Entre la naissance de leur fils Apu, la mort de la vieille tante (inoubliable personnage de Pishi), puis celle de Durga, la s?ur d'Apu, le film témoigne avec grande sensiblité du rythme de leur vie quotidienne, si proche de la nature.
D'après le célèbre roman du Bengali Bibhutibbhusan Banerjee, le premier film de Satyajit Ray fut réalisé presque entièrement par des techniciens et acteurs amateurs, et tourné entièrement en décors naturels. Acclamé à l'étranger, il marqua non seulement le début d'un des plus remarquables cinéastes, mais il joua aussi un rôle déterminant pour le cinéma d'auteur indien à qui il ouvrit la voie du réalisme.
Pather Panchali est la première partie d'une trilogie qui comporte également Aparajito (l'Invaincu) 1956, et Apur Sansar (Le Monde d'Apu) 1959.

Satyajit Ray
Satyajit Ray est né à Calcutta en 1921. De loin le plus célèbre représentant du cinéma d'auteur indien, il montra une étonnante pluralité artistique (il fut aussi écrivain, dessinateur et musicien) et témoigna d'une admirable connaissance de la culture occidentale. Il réalisa 37 films pour la plupart desquels il écrivit le scénario, composa la musique et assura l'image. Son œuvre aborde tous les genres, films pour enfants, policiers, films historiques, adaptations (en particulier de Tagore), films contemporains, documentaires et courts métrages. Il meurt à Calcutta en 1992 peu après qu'un Oscar lui fut remis, et juste avant la rétrospective de l'intégrale de son œuvre à la cinémathèque française.

Filmographie sélective
1955 : Pather Panchali
1958 : Le Salon de Musique
1960 : La Déesse
1964 : Charulata
1971 : Tonnerre lointain
1977 : Les Joueurs d'échecs
1984 : La Maison et le Monde
1991 : Le Visiteur

Irak

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains

Irak/France
ZAMAN, l’HOMME DES ROSEAUX
Zaman et sa femme ont vécu dans des régions marécageuses depuis toujours. Pour eux, le monde finit à la ligne d'horizon des marécages. Ils se sont rencontrés sur l'eau et c'est sur l'eau qu'ils ont construit leur vie commune dans leur maison de roseaux. Avec le temps, leur amour a pris racine. Mais un jour Zaman découvre que sa femme souffre d'une étrange maladie due à la guerre. Il va voir l'unique médecin de la région qui lui conseille d'aller dans une plus grande ville pour y chercher des médicaments. Il est déchiré entre la douleur de laisser sa femme et l'espoir qu'un miracle puisse arriver. Sur son bateau à voiles, Zaman traverse les marécages et remonte le Tigre. Pendant la première partie de son voyage, il observe ce qui se passe sur les berges. Il y découvre l'histoire ancienne et moderne de l'Irak et de ses gens. Bien que sa route soit semée d'embûches, c'est un parcours initiatique enrichi de la rencontre des autres. Dans la grande ville d'Amara, Zaman fait face à de nombreuses désillusions. Il est au bord du désespoir lorsqu'il se résigne à aller à Bagdad, qui lui semble la seule ville où il pourra trouver ce qu'il cherche.
Ce film est un parcours initiatique à travers l’Irak contemporain. Zaman, l’homme des roseaux est l’un des rares films tourné avant l’arrivée des Américains, avec en arrière fond l’évocation des conditions de vie sous l’embargo et l’impossibilité de tourner en pellicule considérée comme un produit chimique potentielle ment dangereux.

Amer Alwan
Amer Alwan est né en 1957 à Babylone en Irak. Après un diplôme à l’école nationale d’art dramatique, il poursuit ses études à l’école d’audiovisuel de Bagdad. Il travaille pour la télévision irakienne. En 1980, il quitte l’Irak et obtient un DEA de philosophie à Paris. Il écrit et réalise plusieurs courts métrages et documentaires.

Filmographie sélective
1983 : La vengeance(cm)
1986 : Les pas perdus (cm)
2000 : L’Irak au-delà du bien et du mal (doc)
2000 : Les mandéens d’Irak
2000 : Les enfants de l’embargo
2001 : De Gilgamesh à Hatra
2001 : Kirkouk, citadelle oubliée.

Iran

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains

ABJAD - La première lettre
Réalisateur : Abolfazl Jalili
En Iran, en 1970, Emka, adolescent de 14 ans est attiré par l’art, que ses parents très conservateurs et ses enseignants considèrent comme une offense à Dieu. Il tombe amoureux de Maassoum dont la famille a racheté le cinéma local dans la petite ville de Saveh. En même temps que son amour pour la jeune fille grandit, il se découvre une passion pour le septième art. Devant l’opposition farouche de ses parents, des autorités religieuses et même de toute la population, il décide d’y consacrer sa vie. La révolution islamique éclate, le cinéma doit fermer. Maasoum et sa famille sont contraints au départ. Avec sa caméra super8, Emkan part à leur recherche.
Abjad est le récit autobiographique d’Abolfazl Jalili. Jeune garçon rebelle, passionné par l’art, il a rejeté toute forme d’autorité paternelle ou religieuse. La création artistique est une forme de résistance que n’apprécient pas les autorités iraniennes. On ne verra pas ou très peu Abjad sur les écrans iraniens tout comme les précédents films du réalisateur.

Abolfazl Jalili

Abolfazl Jalili est né en 1957 à Saveh. Pendant ses études à Téhéran, il se passionne pour la peinture et la photographie. Il intègre le groupe de cinéastes amateurs le “ cinéma libre ” en 1973 et réalise 8 courts métrages puis des documentaires pour la télévision. Ses longs métrages de fiction, reconnus dans de nombreux festivals étrangers sont peu ou pas diffusés en Iran.

Filmographie sélective:
1983 : Milad
1985 : Le printemps
1987 : La gale
1992 : La danse de la poussière
1995 : Det, une petite fille
1996 : Une histoire vraie
1996 : Le fil du temps
1998 : Don
1999 : Les contes de Kish
2001 : Delbaran
TALAYE SORGH - Sang et Or
Réalisateur : Jafar Panahi
A Téhéran, dans une bijouterie des beaux quartiers, Hussein, venu se venger du gérant qui l’avait humilié, le tue avant de se donner la mort. Quelques jours auparavant, son ami Ali lui avait montré un reçu pour l’achat d’un collier trouvé dans un sac à main perdu. Hussein n’avait même pas pu imaginer la valeur du collier tant la somme lui semblait énorme. Il sait que son salaire de misère ne lui permettra jamais un tel achat. Il se sent souvent humilié, et quand on lui interdit l’entrée de la bijouterie parce que ses amis et lui ne sont pas bien habillés, son malaise grandit. Hussein est livreur de pizzas. Chaque soir, il sillonne à moto les quartiers riches de Téhéran et entrevoit la vie qu’on mène derrière les murs et les portes fermées. Ce système d’hypocrisie lui pèse de plus en plus.
Le temps d’une nuit, il va savourer la vie de luxe, tout aussi fascinante que misérable et au petit matin, il revient calmement à la bijouterie ...
Derrière ce fait divers dont Abbas Kiarostami lui a parlé, Jafar Panahi dresse le portrait d’un homme solitaire écoeuré par la misère humaine.
“La politique en tant que telle ne m’intéresse pas. Mais explorer les effets de ses erreurs sur la vie des gens est sans doute la matière de mes films. Etant un vrai citadin, les grandes villes, où ces erreurs sont plus manifestes, en deviennent naturellement le décor. Comme partout ailleurs, la classe moyenne tend à disparaître en Iran. Il y a d’un côté une concentration de richesses et de pouvoir, et de l’autre les humiliations et les privations”.

Jafar Panahi
Jafar Panahi est né en 1960 à Mianeh, en Iran. Il étudie la mise en scène au Collège de Cinéma et de Télévision de Téhéran. Il réalise plusieurs courts et longs métrages pour la télévision iranienne. Il est assistant d’Abbas Kiarostami sur Au travers des oliviers.
Il a obtenu la caméra d’or à Cannes pour Le Ballon blanc et le lion d’or à Venise pour Le cercle.


Filmographie
1995 : Le ballon blanc
1997 : Le miroir
2000 : Le cercle
2003 : Sang et or
• 10 ans, 10 coups de cœur

ANSOUY-E ATASH - Au-delà du feu
Réalisateur : Kianoush Ayari
Au sud de l’Iran, là où s’étend un immense et âpre désert, un homme habite dans une misérable baraque en bois. Il est le gardien du site d’un forage pétrolier où sans cesse brûlent de nombreuses torchères. Son frère, qui vient juste de sortir de prison le harcèle, lui réclamant son dû : une partie des maigres gains tirés de la vente de leur terrain à la compagnie pétrolière. Le gardien affirme avoir tout dépensé. Une lutte sans merci s’engage entre eux. L’attachement pour une jeune laitière aux pieds nus va réveiller chez l’un des frères l’envie d’amour et de vie et modifier leur relation.
Un film iranien, singulier, très peu connu.

Kianoush Ayari
Kianoush Ayari est né en 1951 à Ahwaz. Il commence par réaliser des films amateurs. Il réalise son premier long métrage en 1985.
Il sera récompensé en 1993 à Locarno pour The abadanis et à Tokyo en 1998 pour To be or not to be.


Filmographie
1986 : The thirst of the demon
          Specter of scorpion
1988 : Au-delà du feu
1989 : The grand day
1992 : Two halves of apple
1993 : The Abadanis
          The bull’s horn
1988 : To be or not to be
2002 : Iranian Spread
• Jeune poblic

BAZGASHT - Le retour
1987 - 35 mm - 16 mn - couleur - dessin sur cellulos
Travail collectif d’auteurs avec notamment la participation de Vadjollah Fard Moghadam, Ali Asghar Zadeh, Behzad Gharib Pour, Fereshteh Faghihi - Montage- son : Mohammad Haghighi - Musique : Ahmad-Reza
Moayed Mohsseni - Esmail Vasseghi
Durant un hiver rude, un corbeau désespéré et affamé s’envole sur la ville et aperçoit à travers des fenêtres d’autres oiseaux bien nourris et dorlotés, dans des jolies cages. Envieux, il fait tout pour se faire prendre.
SIB - La pomme
2001 - 35 mm - 14 mn - couleur - peinture à l’huile sur verre
Réalisation : Mozaffar et Ramin Sheydaï - Scénario - Image : Mozaffar Sheydaï - Montage : Mohammad
Haghighi - Musique : Mohammad Reza Aligholi
Le voyage d’une pomme tombée de la main d’un paysan lors de la récolte…
La vache et le fermier
2003 - 35 mm - 6 mn - couleur - peinture à l’huile sur verre
Réalisateur - scénario : Fatemeh Goudarzi -Photo : Mohammad -Rahim Bakhtiari - Musique Reza Mahaei - Son : Changuiz Sayyad
Un rêve qui raconte l’histoire de la première rencontre du fermier et de la vache
Le pommier
1982- 35 mm - 7mn30 - couleur - dessin sur cellulos
Réalisateur : Parviz Naderi - Scénario : Aboutaleb Habibi - Photo : Mehdi Samakar - Son - montage :
Mohammad Haghighi
Un pommier pousse sur la limite séparant deux fermes voisines. Les deux voisins ne s’entendent pas et ne parviennent pas à partager équitablement les pommes…
TABAR - La hache
1982 - 35 mm - 8mn40- couleur - dessin sur cellulos
Réalisation - scénario : Ahmad Arabani - Photo : Abdollah Alimorad - Son : Mahammad Haghighi - Directeur
technique : Abdollah Alimorad
Une hache s’introduit brutalement dans une forêt jusqu’alors paisible, avec une volonté manifeste de destruction. Les plantes et les arbres connaissent la valeur de l’union et détruisent l’intrus ensemble.
HEKAYAT-E SHIRINE - Une histoire douce
1995 - 35 mm - 15 mn - couleur - éléments découpés
Réalisation : Mahammad Reza bedi - Scénario - Photo : Mahammad Reza bedi - Montage - son : Tchanguiz
Sayâd - Musique : Parhâm Parvâss
Un vieux bûcheron recueille une cigogne blessée et l’entoure de ses soins. L’oiseau reconnaissant lui donne trois graines de melon qu’il plante. Le bûcheron va bientôt récolter le fruit rempli de pièces d’or…
Institut pour le Développement Intellectuel des Enfants et des Adolescents (Kanoon) - Iran
• Vidéo documentaire

JILEMO
Réalisateur : Ebrahim Saïdi
Au Kurdistan iranien, à la frontière d'Irak, la vie suit son cours alors que la guerre fait rage en Irak.
Dans ce petit paradis au bord de l'enfer une histoire d'amour naît ...

Ebrahim Saïdi
Ebrahim Saïdi est né en 1965 à Mahabad (Kurdistan) en Iran. Titulaire d’une maîtrise de cinéma, il se spécialise dans le montage.

Filmographie
1997 : Sailenc screems (doc)
1999 : Mariyeh Parishani (doc)
2000 : Rojguiran (doc)
2002 : Jouan (doc/fiction)

Israël

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains

KNAFAIM SHVUROT - Broken wings
Réalisateur : Nir Bergman
A la suite de la mort accidentelle de son époux, Dafna se bat pour s’en
sortir financièrement et surmonter sa douleur.
Tout cela se fait au détriment de ses enfants. Alors que Bar, cinq ans, se sent abandonnée, Ido, onze ans, consacre son temps à essayer de battre le record mondial de saut libre en plongeant dans une piscine vide. Leurs aînés, Yair, adolescent rebelle, refuse de retourner à l’école tandis que Maya se réfugie dans la musique tout en gérant plus ou moins ses frères et soeurs.
Chacun essaie à sa manière de faire son deuil, mais la famille est menacée d’implosion. Un accident inattendu va pourtant la réunir.
"Lorsque nous comprenons notre besoin de la famille, cela nous libère des automatismes que nous pouvons avoir vis-à-vis d'elle".

Nir Bergman
Nir Bergman est né à Haïfa en 1969. Il a étudié à la Sam Spiegel Film and Television school à Jérusalem. Sea Horses, son court métrage de fin d'études, a été récompensé dans de nombreux festivals. Broken Wings est son premier long métrage de fiction.

Filmographie
1994 : Aquarium (cm)
1996 : Yomit (cm)
1998 : Sussei Yam (cm)
• 10 ans, 10 coups de cœur

CIRCUS PALESTINA
Réalisateur : Eyal Halfon

Il était une fois (et c’est une histoire vraie) un petit cirque de l’Europe de l’Est qui arrive dans un petit village pittoresque de Cisjordanie. Jusqu’à ce jour, rien ne troublait la tranquillité de ce bourg où l’occupation la plus lucrative consiste à recycler des pièces de véhicules, dont on préfère ne pas savoir comment ils ont pu arriver là. Le maire du village demande au cirque une représentation exceptionnelle. Le soir de la première, Schweik le vieux lion, lassé d’être seul et bien décidé de faire la connaissance de belles lionnes, retrouve son instinct de liberté et se sauve.
Commence la chasse au lion, qui va réunir les artistes du cirque, les jeunes du village et des soldats israéliens. On ne retrouvera pas Schweik, mais la belle dompteuse à la chevelure flamboyante et un soldat israélien qui se prend pour Tom Jones, vont faire plus ample connaissance.
"Le film parle de liberté, du droit d'être libre et de s'amuser à faire de toute chose un grand cirque". Eyal Halfon
Un film surprenant à plus d’un titre.

Eyal Halfon
Eyal Halfon est né à Netanya. Après son service militaire, il est guide dans la Pénisule du Sinai. Il commence à étudier le cinéma en même temps qu’il est journaliste pour plusieurs magazines Israéliens. Il vit à Tel Aviv et travaille pour le cinéma et la télévision.

Filmographie
1992 : Back to the rivers (doc)
1994 : The italians are coming
1995 : Jam session (doc)
1997 : Humus for two (doc)
1998 : Theo and Friends
1998 : Circus Palestina

Japon

• Amour et passion

AI NO BOREI - L’empire de la passion
Réalisateur : Nagisa Oshima
Un village japonais, non loin de Tokyo, en 1895, à l’ère Meiji.
Gisaburo, conducteur de pousse-pousse, est un homme vieilli, usé, abruti par le travail. Chaque soir, sa femme, Seki, qui a gardé toutes les apparences de la jeunesse, l’accueille, le baigne, le masse et lui offre du saké pour lui faire oublier sa fatigue, sa misère. Epuisé, Gisaburo n’a plus la force d’honorer cette femme soumise mais insatisfaite. Le jeune Toyoji, ayant terminé son service militaire, est de retour au village. Après une cour pressante, lui et Seki deviennent amants. Leur passion est partagée. Gisaburo doit disparaître. Ils étranglent Gisaburo, très éméché, et jettent son corps dans un puits désaffecté dans la forêt. Les amants, sous la pression villageoise, ne peuvent plus s’aimer librement. Le fantôme de Gisaburo apparaît. Les soupçons naissent, les rumeurs circulent...
C’est un fait divers passionnel et tragique, une “histoire d’amour et de sang” qui a inspiré le film à la fois très proche et très différent du film précédent de Nagisa Oshima, L’empire des sens.
“ L’empire de la passion (prix de la mise en scène à Cannes 1978) est une version toute personnelle du Facteur sonne toujours deux fois transposé dans l’univers du film de fantôme nippon par la magie plastique du grand opérateur Miyajima Yoshio, et l’extraordinaire partition de Takemitsu Tôru ”. Max Tessier

Nagisa Oshima
Nagisa Oshima est né à Tokyo en 1932. Il sort diplômé de droit et de politique de l’Université de Kyoto en 1954. Il entre alors à la Shochiku. Il écrit des scénarii, des critiques de films. Il réalise son premier film Le quartier de l’amour et de l’espoir en 1959. Il rompt avec la Shochiku et travaille pour la télévision. Il crée sa propre compagnie de production, Sozo-sha. En 1972, il fait ses adieux au cinéma. Il y revient avec L’empire des sens, sa première coproduction franco-japonaise.

Filmographie sélective
1960 : Contes cruels de la jeunesse
Nuit et brouillard du Japon
1961 : Le piège
1969 : Le petit garçon
1971 : La cérémonie
1975 : L’empire des sens
1986 : Max mon amour
2000 : Tabou

• 10 ans, 10 coups de cœur

MADADAAYO
Réalisateur : Akira Kurosawa

En 1943, après 30 ans d’enseignement de l’allemand, le professeur Uchida annonce à ses élèves qu’il prend sa retraite pour se consacrer à sa carrière d’écrivain. Il est ovationné par les jeunes gens qui lui donnent le titre respectueux de Sensei (maître) et vont continuer à lui témoigner une attentive affection. En ce temps de guerre, Tokyo vit sous la menace des bombardements américains. La maison du professeur est détruite au cours d’un raid aérien et il doit s’installer, en compagnie de sa femme, dans une modeste cabane, avec les rares livres et objets qu’ils ont pu sauver de l’incendie. Ces vicissitudes ne semblent pas affecter sa bonne humeur ; il continue à recevoir ses anciens élèves, toujours admiratifs et qui décident, après le retour de la paix, de lui reconstruire une maison entourée d’un jardin paysager. Chacun de ses anniversaires est fêté par ses anciens élèves lors d’amicales réunions, où on lui pose rituellement la question de savoir s’il est prêt à passer dans l’autre monde : “ pas encore! ” (madadayo) est sa réponse.
“ Ce film décrit les relations touchantes et privilégiées entre le professeur Hyakken Uchida et ses anciens élèves. Il y a là quelque chose de très précieux, mais qui est maintenant tombé dans l’oubli : le monde enviable des coeurs chaleureux. J’espère que tous les gens qui verront ce film sortiront avec un sentiment de fraîcheur et des visages souriants”. Akira Kurosawa

Akira Kurosawa
Akira Kurosawa est né en 1910 à Tokyo. Elève moyen, il s’intéresse, grâce à un professeur, à l’art, grâce à son père et surtout à son frère, au cinéma. A 18 ans, il refuse d’entrer à l’école des Beaux Arts. En 1929, il s’inscrit à la Ligue des artistes prolétaires et étudie la peinture. En 1935, il est assistant réalisateur auprès de Kajiro. Il écrit des scénarii tout en se méfiant de la censure. Il commence alors sa grande carrière de cinéaste primé dans les plus grands festivals du monde. Madadayo est son dernier film. Il s’éteint en 1998 à Tokyo.

Filmographie sélective
1943 : La légende du grand judo
1948 : L’ange ivre
1949 : Chien enragé
1950 : Rashomon
1954 : Les sept samouraïs
1957 : Les bas fonds
1962 : Sanjuro
1965 : Barberousse
1975 : Dersou Ouzala
1980 : Kagemusha
1985 : Ran
1989 : Rêves

Kazakhstan

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains

MALEN’KIE LJUDI - Les petites gens
Réalisateur : Nariman Turebaiev 
Beck et Max cohabitent dans un petit appartement d’Alamaty. Ils gagnent leur vie dans la rue, en costume cravate, abusant de la naïveté des passants, en vendant à la sauvette des gadgets. Ils gagnent peu mais cela leur suffit à vivre au jour le jour. Ces perdants, ces marginaux ont des rêves. Celui de Beck est de rencontrer le grand amour. Max, plus prosaïque, veut quitter Almaty pour rejoindre en Allemagne sa grand-mère. Le temps passe, avec lui l’espoir s’amenuise jusqu’au jour où Beck croise une jeune fille habillée en rouge. Il en tombe follement amoureux. Pendant ce temps Max économise pour ce voyage dans lequel il a mis tout son avenir. Les deux jeunes gens vont-ils enfin être heureux ?
Par petites touches, Nariman Turebayev, bien loin du cynisme de son court métrage Antiromantika, réussit avec Les petites gens, à créer une atmosphère où poésie, humour et émotion se côtoient naturellement. La personnalité attachante de Beck et Max fait du film une comédie sensible et chaleureuse. En suivant les deux héros dans leur quotidien, le réalisateur fait découvrir la dure réalité de la vie dans une grande ville du Kazakhstan où, faute de travail, l’ingéniosité permet de survivre.

Nariman Turebayev
Nariman Turebayev est né au Kazakhstan en 1970. Il réalise ses premiers films d’étude au Moscow Institute of Steel and Alloys, puis au Kazakhstan, à l’Académie des Beaux Arts dont il sort diplômé. En 1998, il est assistant sur 1977 d’Ardak Amirkulov, dont il a écrit le scénario. Puis, en 2001, il est assistant réalisateur sur le film La route de Darejan Omir-
baev. La même année, il réalise un court métrage Antiromantika, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes.
Les petites gens est son premier long métrage.


Filmographie
2000 : Romantika (cm)
2001 : Antiromantika (cm)
2003 : Les petites gens

Kirghizistan

• Amour et Passion

DZAMILJA - Djamilia
Réalisateur : Irina Poplaskaia
Les hommes du village étant à la guerre, c’est la jeune Djamilia et les autres femmes qui transportent le blé jusqu’à la gare. Le mari de Djamilia, Sadik, étant lui aussi à la guerre, Seit, le petit frère de celui-ci aide sa belle-soeur dans sa dure entreprise. Le mariage de Djamilia n’a pas été un mariage d’amour : il a eu lieu juste avant la guerre, uniquement par respect des traditions locales. Le mari de Djamilia est porté disparu. Arrive du front Daniar, soldat démobilisé à cause de ses blessures. Il devient l’ami de Seit et ainsi se rapproche de la jeune femme jusqu’au jour où elle reçoit une lettre lui apprenant que son mari est retrouvé, qu’il est soigné à l’hôpital et va bientôt être de retour. Daniar est fou de douleur. La jeune femme a le courage de tout quitter pour rester avec celui qu’elle aime tant. Le petit Seit les regarde s’éloigner tristement.
Djamilia est adapté d’une nouvelle de Tchinguiz Aitmatov. Louis Aragon qui l’a traduite a dit : “ Oui, pour moi, c’est la plus belle histoire d’amour du monde ”. On retrouve dans le rôle titre Natalia Arinbassarova qui jouait Altynai dans Le premier maître de Konchalovski et on fait connaissance avec l’une des “stars” du cinéma kirghize et de toute l’Asie centrale Souimenkoul Tchokmorov.
• 10 ans, 10 coups de cœur

POTOMOK BELOGO BARSA
Le descendant du léopard des neiges

Réalisateur : T. Okeiev
Au Kirghiztan, il y a très longtemps, alors que la vie des individus comme de la tribu toute entière dépend de la nature, les deux qualités les plus reconnues sont la force et le courage.
Kojajach, héros de contes et légendes populaires kirghizes possède ces qualités. Il est respecté par tous et naturellement il devient le chef. Une année, une grande sécheresse dévaste tout. Plus rien ne pousse. Les hommes souffrent de la famine, les animaux se réfugient dans les montagnes.
Poussés par la faim, les hommes vont enfreindre les traditions de leurs ancêtres, trahir les lois de la nature : ils vont tuer pour se nourrir des animaux qui s’abreuvent ... Cet acte sacrilège aura de graves conséquences sur la vie privée des hommes.
Très beau film du grand réalisateur kirghiz, Tolomouch Okéiev décédé il y a deux ans.

T. Okeiev
Tolomouch Okeiev est né en 1935. Formé au V.G.I.K. de Moscou, il est d’abord ingénieur du son, acteur et metteur en scène de théâtre. Il commence à tourner dans les années soixante marquant le début du cinéma kirghize aux côtés de Bazarov, Ouboukeev et Bolot Chamchiev. Il est un des réalisateurs marquants de ce cinéma pendant les années 60 à 80. Il est mort en 2001.

Filmographie sélective
1965 : Ce sont les chevaux (doc)
1967 : Le ciel de notre enfance
1969 : Boom (doc)
1970 : Mouras (doc)
1972 : Incline toi devant le feu
1973 : Le féroce
1975 : La pomme rouge
1977 : Oulan
1980 : L’automne doré
1984 : Le descendant du léopard des neiges
1987 : Les miracles de l’amour

Kurdistan

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains

Vodka Lemon
Réalisateur : Hiner Saleem

Nous sommes dans les villages kurdes du Caucase. Hamo est un officier de l’armée rouge à la retraite qui a la soixantaine. Veuf, il ne possède que peu de choses, une vieille robe de chambre rouge, un poste de télévision soviétique, son uniforme militaire et sept dollars de pension mensuelle. Chaque jour, Hamo se rend au cimetière et enlève la neige de la tombe de sa femme. Un peu plus loin, Nina, une belle veuve de cinquante ans, enlève la neige de la tombe de son mari. Dans le vieux bus qui les ramène à leurs villages, ils sont assis à trois rangs d’ écart. Hamo regarde Nina. Elle se retourne et le regarde. Dehors le paysage est entièrement blanc, à l’exception des pierres du pays.
Lorsque Hamo arrive à son village, une lettre d’un de ses fils vivant à Paris l’attend. Le village bourdonne de rumeurs : “l’enveloppe contient sûrement des billets de 100 dollars !” Mais Hamo ne pense qu’à la belle étrangère du cimetière....
“Je voulais parler du Kurdistan et du drame vécu par des milliers de personnes qui se sont retrouvées du jour au lendemain sans passé, con