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Sommaire  > Archives TdA  > Festival de Vesoul 2003

9e Festival du Film asiatique de Vesoul
Du 4 au 11 février 2003



[ Afghanistan ]  [ Cambodge ]  [ Chine ]  [ Corée du Sud ]  [ Inde ]  [ Irak ]  [ Iran ]  [ Israël ]  [ Japon ]  [ Kirghizistan ]  [ Mongolie ]  [ Népal ]  [ Ouzbékistan]  [ Palestine ]  [ Philippines ]  [ Sri Lanka ]  [ Vietnam ]


Sources : Cinémas-Asie - Contact : festival.vesoul@wanadoo.fr

 

Afghanistan

• Vidéo documentaire (compétition)

(A)fghanistan, un état impossible
Réalisateur : Atiq Rahimi

Atiq Rahimi a 11 ans en 1973. Il se prépare au concours d’entrée du lycée franco-afghan Estiqa. La même année, Daoud met fin à la monarchie en renversant le roi, son cousin et beau-frère.
Le père d’Atiq Rahimi, monarchiste est alors emprisonné. Le jeune garçon comprend mal l’attachement de son père au roi et pourquoi il se plaît à répéter que le coup d’état coûtera un « a » à l’Afghanistan. Afghanistan veut dire « terre des Afghans ». Sans le « a », « fhanistan » signifie « terre de plainte et de cris  ». Les évènements qui se sont succédés depuis ont malheureusement donné à cette parole une justesse prophétique.
Le film est un long voyage à travers les trois dernières décennies, celui du réalisateur à la recherche d’un miroir brisé qu’il tente de réassembler pour y découvrir son identité, son pays et son destin, devenu depuis le 11 septembre 2001 le destin du monde.
En 52 mn, Atiq Rahimi réussit ce que des heures de reportages télévisuels au cours des derniers mois n’ont pas réussi : raconter mais aussi comprendre le destin de ce pays, son pays.

Cambodge

• Révoltes et Révolutions

Tchécoslovaquie
DEVET KRUHU PEKLA
Les 9 cercles de l’enfer
Réalisateur : Milan Muchna

Cambodge 1979. L’arrivée des vietnamiens a chassé les Khmers rouges du pouvoir et les quatre années de terreur de Pol Pot et ses sbires prennent fin. Tomas, ancien médecin en poste à Phnom Penh dix ans plus tôt, revient au Cambodge devenu depuis le Kampuchea, dans l’espoir de retrouver vivantes sa femme, Kehma, et leur fille, alors que près de deux millions d’individus ont été victimes de l’un des plus meurtriers génocides de l’histoire...
Phnom Penh, 1969. Tomas est attiré par le charme et la grâce d’une jeune danseuse, Khema, fille d’une famille de la nomenklature cambodgienne. Son frère Chivan, qui est rentré de France après les évènements de mai 68, professe des idées révolutionnaires, qui le contraignent à gagner la clandestinité quand le général Lon Nol, à l’issue d’un coup de force des militaires, prend le pouvoir. Tomas et Khema se marient. La jeune femme est sur le point de mettre au monde leur fille Clara quand le 17 avril 1975, les Khmers rouges envahissent la capitale cambodgienne. Le calvaire commence...
La tragédie cambodgienne est filmée par un réalisateur tchèque deux ans avant la fin du communisme soviétique. Dans ce film dur, poignant, on est tout à la fois proche du documentaire (plusieurs scènes sont tournées à Tuol Sleng à Phnom Penh où 17 000 Cambodgiens ont été torturés et exécutés par les Khmers rouges) et de l’image carte postale du Cambodge proche de l’imaginaire occidental. L’acteur Milan Knazko est devenu le conseiller du Président de la République tchèque Vaclav Havel.

Chine

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

Liu Bingjian
QU QI DE NÜ REN
La pleureuse

Wang Quixiang a pour époux un bon à rien. Elle habite la banlieue de Pékin et pour survivre vend des DVD piratés à la sauvette. Elle a en charge une gamine abandonnée par sa mère. A la suite d’une nouvelle frasque de son mari, elle doit quitter la capitale et rejoint sa ville natale. Elle y retrouve un ami d’enfance, devenu patron d’une entreprise de pompes funèbres. Très vite, la seule solution qui s’impose à elle pour sortir son mari de prison et indemniser ses victimes est de devenir pleureuse professionnelle lors de cérémonies funèbres.
À travers ces deuils qui touchent toutes les couches de la société, Liu Bingjian dresse le portrait d’une Chine en train de sortir du communisme qui doit lutter contre l’un des pires fléaux qu’est la corruption. Le talent et l’énergie de Liao Qin incarnant l’héroïne qui ne sait plus si elle pleure pour les autres, sur elle-même ou sur l’avenir de son pays débordent dans cette comédie grinçante parfois, touchante aussi et souvent très drôle.
• Révoltes et Révolutions

Chine/France
NIU PENG
Chine, ma douleur
Réalisateur : Dai Sijie

Au début de la révolution culturelle chinoise, Tian Ben, jeune garçon de treize ans surnommé « Petit Binoclard » fils d’un père réactionnaire mort et d’une mère déportée, fait l’école buissonnière pour écouter des disques interdits. Un jour, il écoute une chanson de Zhou Sian, chanteuse sentimentale à la voix d’or, perturbant un meeting politique. Arrêté pour ce crime, il est envoyé dans un camp de rééducation par le travail dans les montagnes de la Vie éternelle. Tout comme ses camarades, il porte un chapeau de papier sur lequel est inscrit le crime qu’il a commis. Un vieux moine sourd et muet, amoureux des pigeons et un garçon de son âge à l’appétit insatiable, Bai Mao, ancien voleur, l’aident à supporter la vie très dure imposée aux ennemis du peuple. Il échoue dans une tentative d’évasion. Une troupe d’artistes ambulants égarés leur donne le spectacle prévu pour les villageois de la commune voisine. Petit Binoclard se blesse, échappe de peu à la mort...
Chine, ma douleur est le premier film de Dai Sijie. Il reçoit en 1989 le prix Jean Vigo. Ce film, qui a pour toile de fond la Révolution culturelle chinoise, a été tourné... dans les Pyrénées françaises.
On ne peut que s’attacher à ces personnages qui à aucun moment ne se résignent et supportent ce qu’on tente de leur imposer, à la différence de ceux qu’ils côtoient dans ce camp de rééducation.

Chine/France
BALZAC ET LA PETITE TAILLEUSE CHINOISE
Réalisateur : Dai Sijie

En Chine, au début des années 70, les intellectuels sont envoyés aux champs afin d’être mis au contact de la dure réalité. C’est la Révolution culturelle. Luo et Ma, fils d’intellectuels, « des ennemis du peuple », sont envoyés en rééducation dans la Montagne du Phénix du Ciel, une région perdue aux confins du Tibet. Ils vivent là au contact de villageois illettrés, frustes.
D’emblée la débrouillardise et une certaine impertinence leur permettent de supporter les conditions très pénibles de leur vie quotidienne : travail harassant dans les rizières, corvées avilissantes et cela avec des chances infimes de pouvoir espérer retrouver une vie normale. Un jour arrivent au village le vieux tailleur, sa machine à coudre et sa très belle petite fille. Afin de la séduire, ils vont se faire conteurs, puisant d’abord leur inspiration dans les mélodrames chinois, puis dans les films nord-coréens que le chef les envoie voir à la ville voisine afin qu’ils puissent les raconter à tout le village réuni à la veillée. Un jour, la petite tailleuse leur apprend que le Binoclard, fils d’un écrivain et d’une poétesse connus, cache sous son lit une valise remplie de romans étrangers. Ils dérobent ce trésor et découvrent les plus grands écrivains occidentaux, dont Balzac, une littérature bien entendue subversive et bien évidemment interdite. Se noue alors entre les trois héros une complicité à la fois amoureuse et amicale.
Si Dai Sijie avait dû se résoudre à tourner Chine ma douleur en France, Tang le onzième au Vietnam, c’est en Chine, après des mois de démarche qu’il filme l’adaptation du best-seller qu’il a écrit quelques années auparavant. Si ce film est un témoignage sur la vie culturelle chinoise, une très belle histoire d’amour et d’amitié, c’est surtout un superbe hommage à la littérature et à la puissance magique et évocatrice des mots.

Hong Kong
YING CHUN GE ZHI FENG BO
L’auberge du printemps
Réalisateur : King Hu

Chine, 1366, à la fin de la dynastie mongole des Yuan, fondée 100 auparavant par Koubilai Khan (petit fils de Genghis Khan) pour qui travailla Marco Polo.
Une partie du peuple chinois, avec à sa tête, le moine Chu Yuangchang (qui sera le premier empereur de la dynastie Ming), se révolte contre l’oppresseur mongol. Les provinces de Shantung, du Shanxi et du Hunan ont à leur tête le prince Lee Khan, fin politique et expert en arts martiaux. À ses côtés, sa soeur, la redoutable Lee Wan Ehr, est parvenue à corrompre un conseiller de Chu Yuangchang qui doit lui remettre le plan d’attaque des rebelles. Elle doit le retrouver près des grottes de Shanxi.
Le prince descend avec sa suite à l’auberge du printemps. La patronne Wan Jenmi, aidée par ses quatre serveuses prête main forte aux rebelles. Qui sera vainqueur, les rebelles ou le prince mongol tout puissant ?

King Hu a su donner ses lettres de noblesse aux films d’arts martiaux. Il est l’auteur de A touch of zen et Raining in the mountains, présenté
à Vesoul en 1998.
L’auberge du printemps est le quatrième volet de la série des films d’auberges où l’essentiel des séquences sont tournées dans une auberge dont le décor est construit spécialement pour le film d’après des dessins du maître. Il est à l’origine de ce qu’on appellera le « kung fu aérien ».
• Hommage à Chen Kaige

HUANG TUDI
La terre jaune

Un jour de 1939, arrive dans un village du Shanxi un soldat à la recherche de chants traditionnels populaires. C’est fête : on célèbre le mariage d’une enfant avec un homme qu’elle découvre au cours de la cérémonie.
Guking est hébergé dans une famille très pauvre de paysans. C’est Cui Qiao, fillette de 12 ans qui s’occupe de la maison. Elle sait qu’on va bientôt la marier elle aussi. On se parle peu, on travaille beaucoup. Cui Qiao et son jeune frère s’attachent au soldat. Quand il doit quitter la région, elle lui fait promettre de revenir et de l’emmener avant son mariage...
Hormis la dernière scène, Chen Kaige alors âgé de 33 ans, ne délivre aucun message politique. Tout en dressant un tableau de la vie paysanne, il dénonce le mariage forcé des fillettes (le 1er titre du film était Les plaines du silence). L’un des aspects novateurs du film est la place accordée à la couleur. C’est un film réaliste où l’on découvre l’homme dominé par la nature, l’individu écrasé par la société, ses traditions, ses conventions : les gestes parlent d’eux-mêmes, l’expression est sobre, la photo magnifique.
Ce « film phare » comme on a pu l’écrire est le premier réalisé par un cinéaste de la « cinquième génération ». Il fut très controversé en Chine même. Il a permis au cinéma chinois de pénétrer les frontières du marché international.

BIAN ZOU BIAN CHANG
La vie sur un fil

Un vieux musicien aveugle va de village en village jouant du qin, instrument traditionnel à cordes, proche du banjo. Il traverse des paysages grandioses, qu’il ne peut voir, en compagnie de son jeune disciple. Il s’est rattaché toute sa vie à l’espoir que lui donna, il y a soixante ans, son vieux maître : s’il parvient à casser mille cordes de son qin, il pourra recouvrer la vue.
Son jeune disciple, aveugle lui aussi, se préoccupe moins de cet espoir lointain, que de l’amour présent qu’il partage avec une jeune fille du village.
La millième corde cassée, la vieillarde se rend chez un guérisseur pour lire le message caché dans l’instrument : il ne trouve qu’un vieux papier jauni et vierge. Désespéré, il se laisse mourir, après avoir confié son doute à son jeune disciple : ce n’était peut-être pas 1000, mais 1200 cordes qu”il fallait casser...
« Mon film doit en effet être considéré comme une métaphore de la foi. Je suis persuadé que la foi et l’espoir réussissent à déployer des énergies très positives. Il s’agit ici des deux visages de la Chine, l’un déçu de ses idéologies, recherchant assidûment "autre chose", l’autre prêt à tout abandonner pour une existence au gré des sentiments. Mon film exprime l’espoir d’un avenir meilleur, non seulement pour la Chine mais pour le monde entier ». Chen Kaige

BAWANG BIEJI
Adieu ma concubine

Pékin, 1924. Dieyi a été abandonné par sa mère dans une école extrêmement sévère, formant les futurs interprètes de l’opéra de Pékin. Dans ce bagne pour enfants, des professeurs infligent de lourds châtiments corporels à des centaines de gamins venus apprendre le chant, la comédie, la danse. Avec son ami Xiaolou, Dieyi répète un opéra populaire Adieu ma concubine. Par sa nature fragile, il a été choisi pour interpréter le rôle féminin de cette concubine qui a préféré se trancher la gorge plutôt que de renoncer à son roi.
Inlassablement, les deux amis interprètent cet opéra remportant triomphe sur triomphe. ils traversent ainsi l’histoire de la Chine contemporaine (occupation japonaise, arrivée du communisme, révolution culturelle). Ils vivent dans la vie l’amour qui les unit sur scène jusqu’au jour où Xiaolou quitte Dieyi pour Juxian une ancienne prostituée. Dieyi sombre dans la drogue, connaît l’humiliation la plus profonde quand il apprend qu’on l’a remplacé par un chanteur plus jeune sans l’en avertir.
Adieu ma concubine a reçu la palme d’or, ex aequo avec La leçon de piano au Festival de Cannes en 1993. Le film a divisé la critique, certains ne voyant en lui qu’un très beau film plastique tourné pour plaire à l’occident. Réduire cette superbe fresque à un album photo est injuste. Dieyi, c’est Chen Kaige. Il pose les problèmes essentiels des rapports de l’art et de la réalité et celui éternel de la liberté d’expression.

JING KE CI QIN WANG
L’empereur et l’assassin

Au IIIe siècle avant Jésus-Christ, le roi de Qin est obsédé par l’idée de réunir les sept royaumes de Chine en un seul et immense empire dont il prendrait la tête, devenant le premier empereur de Chine. Il promet à Dame Zhao, son amour d’enfance, qu’il accomplira cette destinée sans violence ni tueries. Elle lui propose alors de fomenter un faux complot d’assassinat contre lui, qui une fois découvert, légitimerait l’invasion du royaume voisin de Yan et rallierait les autres à sa cause. Pendant que Dame Zhao recherche, puis trouve, l’assassin et lie avec lui une intrigue amoureuse, le roi de Qin apprend la vérité sur sa naissance et déclenche un bain de sang au sein de sa propre famille, puis dans sa province natale de Zhao. Devant le spectacle des royaumes mis à feu et à sang, dame Zhao n’a d’autre alternative que de se retourner contre son ancien amant et d’envoyer l’assassin avec cette fois pour mission d’éliminer réellement le sanguinaire roi de Qin.
« Je me suis toujours intéressé à l’histoire, car l’oubli et l’amnésie sont pour moi deux redoutables fléaux. Pour autant, je ne suis pas un spécialiste, un théoricien. Ce sont les personnages qui m’intéressent. Le roi de Qin est considéré comme un dieu vivant en Chine. Il a tout unifié, imposé une langue, dessiné les contours d’un destin collectif. La chine communiste ne rechigne pas à vanter ce genre de parcours. Comme je suis par nature méfiant face aux légendes manichéennes, j’ai voulu gratter cette surface dorée. Avec le destin de cet homme, je pouvais évoquer un nombre considérable de thèmes : le bien, le mal, la politique, la passion, la folie ».
• Vidéo documentaire (compétition)

Chine/France
MAKING OF de Balzac et la petite tailleuse chinoise
Réalisateur : Rafaël Schneider

Chine. 1971. Luo et Dai sont adolescents quand débute la Révolution culturelle. Les jeunes lycéens, amis d'enfance, fils d'intellectuels révolutionnaires, sont envoyés en camp de rééducation dans les montagnes de la province de Séchuan. La découverte d'une valise pleine de livres occidentaux, interdit parmi les interdits, va bouleverser leur vie, ainsi que celle d’une petite tailleuse chinoise. La lecture de ces livres et particulièrement de ceux de Balzac va permettre aux jeunes gens de s'ouvrir sur un monde extérieur dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. Dai et Luo puisent dans ces livres leur nourriture intellectuelle et s'initient grâce à Balzac à l'art de la séduction. La petite tailleuse, elle, fait son éducation sentimentale et s'éveille à la liberté. Liberté d'aimer, liberté de penser, de vivre, de rêver.
Dai et Luo quitteront le camp de rééducation en 1974. Luo est resté en Chine et Dai, qui vit en France depuis 1984, l'a perdu de vue. Ni l'un, ni l'autre n'ont jamais revu la petite tailleuse et ignorent ce qu'elle est devenue.
Après un repérage de plusieurs mois en Chine, Dai Sijie a pu enfin tourner l’adaptation de son livre largement autobiographique. Rafaël Schneider l'a suivi et nous entraîne sur les pas du romancier cinéaste.

Corée du Sud

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

NGEMEUL
Le village dans la brume
Réalisateur : Im Kwon-taek

Su-ok est nommée, pour son premier poste, à l’école primaire d’un village de montagne isolé de la province de Kangwon. Dès son arrivée, elle croise le regard inquiétant d’un homme. Kae-chul n’a pas de domicile fixe ; il est accueilli chez les villageois qui semblent bien l’accepter, bien qu’il soit le seul à ne pas appartenir à leur clan. Toutefois, ils se moquent de lui et le traitent d’impuissant. Les femmes surtout semblent bienveillantes avec lui. Su-ok a le sentiment que beaucoup de choses sont tues.
Un jour, alors que son fiancé vient d’annuler sa visite, surprise par l’orage, elle se réfugie dans un moulin. Kae-chul est là, et elle finit par céder à ses avances. Elle craint le regard des autres villageois s’ils viennent à l’apprendre. Elle finit par comprendre l’étrange morale qui régit ce village où les hommes sont liés aux femmes par la parenté. Ils feignent d’ignorer la conduite de leurs épouses.
Su-ok quitte le village pour se marier. La nouvelle institutrice arrive. Koe-chul lui jette un regard perçant...
• Révoltes et Révolutions

NAESI
Les eunuques
Réalisateurs : Lee Doo-yong

Le film se déroule en 1560, à l’époque de la dynastie Yi. Le roi, bien qu’entouré par de très nombreuses concubines, ne réussit pas à donner la vie au fils qui devra lui succéder un jour. La reine, très dominatrice, choisit pour son fils de nouvelles concubines et parmi elles Chook, fille d’un haut fonctionnaire prêt à sacrifier sa fille à ses ambitions personnelles. Le chef des eunuques est très influent ; c’est lui qui choisit les eunuques chargés de veiller sur les femmes du palais. Le pouvoir ne suffit pas toujours à compenser sa triste condition. Il vient de porter son choix sur So. Il était l’amant de Chook. Le père de cette dernière, ne pouvant supporter la faute de sa fille, a fait castrer So. Les deux amants se retrouvent à la cour du roi. Le roi supporte de moins en moins biensa mère. Toute une tragédie va se nouer et rien ne sortira des murs du palais.
Superbe film en costumes, Les Eunuques touche à la fois à l’individu et à la raison d’état. L’amour est au centre du film, de Chook et de So, de la reine pour son fils, de la reine pour son amant, du roi pour Chook. La révolte est aussi présente, celle du roi contre sa mère, celle des eunuques et tout spécialement de leur chef. Ce film n’est pas sans rappeler Le rouet, histoire cruelle des femmes du même réalisateur présenté au festival des Cinémas d’Asie en 1996.
• Jeune public

Mari Iyagi
Réalisateur : Lee Seong-jang

Un village perdu au bord de la mer.
Namoo, un garçon de douze ans qui a perdu son père, vit avec sa mère et sa grand-mère. Ses seuls amis sont Junho, un garçon de son âge, et son chat Yeo. Un jour, chez le buraliste en face de l'école, Namoo découvre une bille qui brille mystérieusement. Il y pense toute la nuit et court l'acheter le lendemain, mais elle a disparu, ce qui le rend triste. Namoo et Yeo jouent près du phare lorsque Yeo y pénètre. Namoo suit le chat et y retrouve la bille mystérieuse sur une étagère. Une magnifique lumière brille à travers la bille, et l'intérieur du phare est soudain transformé en un lieu féerique. Namoo va tomber dans le vide lorsqu'une jeune fille tout en blanc lui prend la main et le soulève. Un monde merveilleux et lumineux s'ouvre sous leurs pieds.
Moderne et poétique, ce conte coréen plonge le spectateur dans une merveilleuse aventure entre le rêve et la réalité.

Inde

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

NIZHALKKUTHU
Le serviteur de Kali
Réalisateur : Adoor Gopalakrishnan

L’action se situe dans l'Inde des années 40, avant son indépendance. Dans l'état princier de Travancore (aujourd'hui le Kerala), comme partout dans le pays, la mort par pendaison était la pratique pénale en vigueur. L'état avait son bourreau professionnel, selon la tradition le père d'une famille désignée. Installé à l'écart à l'entrée du village, il devait éviter tout contact direct avec la société dominante. En compensation de sa triste profession, le bourreau avait droit à quelques privilèges de la royauté - une terre agricole et une maison, une indemnité annuelle et autres avantages en argent et cadeaux pour chaque exécution. Pourtant, rien ne pouvait compenser le sentiment de culpabilité qui le harcelait. Tous les maux qui le frappaient lui et sa famille, pensait-il, étaient dus au péché qu'il commettait en pendant des innocents. À chaque exécution, les villageois pensaient que le bourreau recevait des dons de guérison de la déesse Kali, et que la cendre de la corde du pendu était un remède miracle. Les temps changeaient et les pendaisons se faisaient plus rares. Après une longue période, le bourreau pensait s'être débarrassé de sa vocation funèbre, lorsque vint un messager du roi avec l'ordre d'une nouvelle exécution.

OORUKU NOOTRUPER
Cent voix pour une cause
Réalisateur : B.Lenin

Ayant perdu toute illusion du monde politique, Balan s'est joint à un groupe révolutionnaire clandestin. Piller est le dernier moyen pour soutenir le mouvement, et Balan se trouve accidentellement mêlé au meurtre du prêtre d'un temple où un butin a été volé. Condamné à la peine de mort, le voici en prison, attendant son exécution. Il revoit défiler sa vie et ses idéaux. Saroja, sa femme, a tant souffert de son engagement et de son absence qu'elle est devenue amère et hostile, mais son fils et son beau-père lui sont restés proches. Ananda, le rédacteur d'un journal révolutionnaire, commence alors une campagne contre la peine de mort, tout en interrogeant le groupe clandestin auquel appartenait Balan. Ils débattent sur les moyens et les armes nécessaires pour soutenir la cause. Entre temps, Balan a demandé à rencontrer la femme et le fils du prêtre qu'il a tué, pour avoir leur pardon.
• Révoltes et Révolutions

THE TERRORIST
Malli, le combat d’une vie
Réalisateur : Santosh Sivan

Âgée de 19 ans, Malli a toujours vécu dans un camp d’entraînement révolutionnaire d’Inde du Sud. Elle a mené avec succès plusieurs opérations. C’est une terroriste chevronnée, impitoyable, sans compassion, qui a grandi dans le mythe du martyr. C’est avec beaucoup de fierté qu’elle apprend que le chef de son groupe l’a choisie pour une mission suicide. Elle va devoir quitter son élément, la forêt, pour la ville où elle accomplira son devoir. Ce trajet, c’est aussi un voyage intérieur, elle laisse enfin libre cours à ses émotions.
The Terrorist, titre original du film, a été tourné en 16 jours dans le sud-est de l’Inde, entièrement en lumière naturelle. Ce film indépendant en langue tamoule ne raconte pas une histoire vraie, même si elle est directement inspirée de l’assassinat de Rajiv Gandhi en mai 1991, qui avait succédé à sa mère Indira Gandhi, assassinée en 1984.
Santosh Sivan ne s’intéresse jamais à une possible légitimité du combat engagé par le mouvement clandestin auquel appartient Malli. Il tente de répondre à la seule vraie question importante : quel genre d’individu peut être capable d’une telle action ?
• Regard sur le cinéma indien

AWAARA
Le vagabond
Réalisateur : Raj Kapoor

Abandonné par son père le juge Ragunath, Raju a grandi dans la rue. Sa mère se sacrifie pour l'envoyer à une bonne école, où il rencontre Rita. Mais il est pris en main par le machiavélique Jagga, qui veut se venger du juge Ragunath en transformant son fils en un parfait malfrat. Des années plus tard, Raju retrouve Rita devenue avocate. Elle vit dans la maison de son tuteur, le juge Ragunath. Leurs sentiments sont plus forts que leur différence sociale et Rita tente de remettre Raju sur le droit chemin. Dans un face à face final, le juge Ragunath accuse son propre fils, un inconnu à ses yeux, mais Rita le défend, et le procès se transforme en procès d'un père ayant abandonné son fils.
Dans ce film mythique par excellence, le couple Raj Kapoor - Nargis est sublime, les costumes et décors sont la quintessence du cinéma populaire de cette époque, les chansons restent parmi les plus connues en Inde.

PYAASA
L’assoiffé
Réalisateur : Guru Dutt

Vijay est un poète pauvre, rejeté par sa famille. Il retrouve Meena, son amour de jeunesse, mariée à un célèbre éditeur. Ce dernier l'engage mais le renvoie dès qu'il apprend leur ancienne liaison. Vijay sombre dans l'alcoolisme. Témoin meurtri du malheur des autres, le poète exprime avec douleur le désenchantement d'une société juste après l'Indépendance, lorsque l'Inde construit son identité. Il a pour seuls amis un masseur des rues et Gulabi, une prostituée qui admire sa poésie et en qui il reconnaît une victime et une âme sœur. Par erreur, on le croit mort dans un accident. Gulabi fait éditer ses poèmes qui connaissent un grand succès lorsque Vijay réapparaît.
Guru Dutt incarne avec sensibilité le personnage de l'artiste maudit sauvé par la prostituée au grand cœur. Conscience sociale et romantisme y sont exprimés par des images lyriques et poétiques, faisant de Pyassa l'un des piliers de l'âge d'or du cinéma indien.

MEGHE DHAKA TARA
L’étoile cachée
Réalisateur : Ritwik Ghatak

Calcutta, fin des années 50, après la Partition. Neeta, l'aînée d'une famille de réfugiés, travaille pour subvenir aux besoins des siens. Geeta, la cadette, incarne la sensualité, elle va séduire et conquérir Sanat, le fiancé de Neeta. Shankar, leur frère aîné, se voue à la musique classique. Des forces créatives mais aussi destructives animent les membres de la famille, et ce dualisme se reflète en particulier chez les femmes. L'antagonisme création - destruction est également dépeint sur un plan plus abstrait : à l'omniprésence des difficultés financières répondent la musique de Shankar évoquant la fertilité de la nature et la force quasi surnaturelle de Neeta au seuil de l'agonie.
Les archétypes, l'inconscient collectif et la Déesse Mère, traversent, tel un fil conducteur, les derniers films de R. Ghatak. Il y emploie le mélodrame de façon unique, sans égale dans le cinéma occidental ou indien.

PAKEEZAH
Coeur pur
Réalisateur : Kamal Amrohi

Des générations de courtisanes se sont succédées à Lucknow, haut lieu de la culture musulmane, de la poésie et de la danse khatak. À la fin du 19e siècle, Nargis est une danseuse Tawaef, une « courtisane de haut rang », qui espère échapper à sa condition en épousant son amant aristocrate. Mais la famille traditionaliste de ce dernier la rejette et elle meurt en mettant au monde une petite fille, Sahibjaa. Élevée par sa tante, Sahibjaa apprend, elle aussi, l'art du chant et de la danse, et, à son tour, tombe amoureuse d'un homme de bonne famille. Va-t-elle revivre le destin de sa mère ? Ses origines d'ascendance noble par son père, la sauveront-elle de sa condition ?
Dans ce film phare du cinéma populaire, la délicatesse des couleurs et la grâce avec laquelle les femmes sont représentées, évoquent irrésistiblement les miniatures indiennes. Meena Kumari, grande star des années 50 et 60, y incarne son dernier rôle à l'écran.

ANKUR
La graine
Réalisateur : Shyam Benegal

Surya, fils d'un riche propriétaire terrien de l'Andhra Pradesh, a abandonné ses études pour s'occuper de la propriété familiale. Il est marié contre son gré à la très jeune Saruy, qui le rejoindra à la puberté. Seul et désœuvré, il est attiré par sa servante Lakshmi, épouse de Kishtaya, un misérable potier sourd et muet. Mais elle refuse ses avances. Accusé de vol, Kishtaya quitte le village. Sans ressources, Lakshmi finit par céder à Surya qui lui promet de la protéger. Saruy vient rejoindre son mari et chasse Lakshmi. Kishtaya rentre au village, Lakshmi est enceinte. Pensant que l'enfant est de lui, Kishtaya va voir Surya pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui demander du travail.
Inspiré d'un fait divers, le film remporta un immense succès national, dû en grande partie à l'interprétation de Shabana Azmi, qui tourna par la suite d'autres films avec Shyam Benegal.

EK DIN PRATIDIN
Un jour comme les autres
Réalisateur : Mrinal Sen

Calcutta, 1978. Un soir, Chinu, la sœur aînée qui assure la subsistance des 7 membres de sa famille, ne rentre pas du bureau. Les heures passent, l'attente se fait de plus en plus angoissante. De la vexation de ne pas avoir été prévenue de son retard, à la crainte que Chinu ait été victime d'un accident ou d'une agression, sans compter la peur du qu'en-dira-t-on des voisins, la famille prise de panique, laisse peu à peu apparaître ses conflits sous-jacents.
Mrinal Sen transfigure la banalité du quotidien d'une famille ordinaire de la classe moyenne, en un suspense introspectif avec unité de temps (une nuit) et de lieu (un immeuble ordinaire délabré de Calcutta où s'entassent une douzaine de familles). Il pose la question de la place de la femme dans la société en général et patriarcale en particulier, et se penche sur la réalité du travail des femmes en Inde sans lequel la plupart des familles ne pourraient pas vivre.

PIKOO
Réalisateur : Satyajit Ray

La journée d'un jeune garçon de la classe aisée de Calcutta. Gâté mais seul, il vit enfermé dans la grande maison familiale, protégé de la ville par un vaste jardin. Son père est absent, absorbé par son travail, son grand père âgé est alité, seul dans sa chambre. Sa mère est chez elle et reçoit son amant. Le jeune garçon enregistre tous les mouvements de la maison et observe les adultes sans dire mot. Cet après-midi là, quelque chose bascule, irrémédiablement, et Pikoo va se réfugier dans le jardin où il commence à dessiner.
Satyajit Ray n'a réalisé que 2 courts métrages de fiction, dont « Pikoo », d'après sa propre nouvelle « Le journal de Pikoo ». Il y démontre une fois de plus que sa direction d'acteur s'applique aussi aux enfants dont il était par ailleurs fort aimé pour le journal qu'il écrivait et publiait à leur attention.

PHANIYAMMA
Réalisatrice : Prema Karanth

Nous sommes dans le sud de l'Inde, à la fin du 19e siècle. Mariée à l'âge de 9 ans, Phaniyamma se retrouve veuve six mois plus tard. Son destin est désormais tracé. Selon le rite hindou pratiqué envers les veuves, enfants comme adultes, elle est rasée et contrainte à vivre en retrait le restant de ses jours, coupée de la maison et du monde. À l'âge de 70 ans, alors qu'elle est témoin du même rituel sur une jeune fille de 16 ans, Phaniyamma se révolte contre ces pratiques envers les veuves. Elle tente de convaincre ses contemporains de la nécessité d'évoluer.
Décédée en 1952, Phaniyamma est passée dans la légende. Le film, qui s'est fidèlement inspiré de sa vie, a demandé une approche fouillée et méthodique pour restituer avec sensibilité et précision une tradition aujourd'hui disparue. Avec son premier long métrage, Prema Karanth fut reconnue comme la principale réalisatrice de la nouvelle vague du cinéma kannada.

CHARACHAR
À l’abri de leurs ailes
Réalisateur : Buddhadeb Dasgupta

Comme ses ancêtres, Lakha capture des oiseaux dans les forêts du Bengale pour des vendeurs qui le paient mal. Mais Lakha est aussi un rêveur qui aime les oiseaux. Depuis la mort de son jeune fils, qui, la veille, lui avait confié vouloir enterrer un oiseau mort pour faire pousser un arbre à oiseaux, Lakha relâche ses proies et les regarde s'envoler avec bonheur. Son entourage ne comprend pas son attitude et Sari, sa femme, se sentant délaissée, finit par prendre un amant. Dans une dernière tentative pour la garder, Lakha accepte de partir vendre des oiseaux à Calcutta où il constate le triste sort qui leur est réservé. A son retour, il doit faire le choix entre son foyer et son rêve.
Le monde intérieur de Lakha est semblable à celui de l'artiste qui ne veut pas de compromis avec le monde qui l'entoure. Cette fable poétique nous interroge sur notre rapport à la réalité, sur l'harmonie entre l'acte et la pensée, l'être et le paraître.

UTTORAN
Le voyage interrompu
Réalisateur : Sandip Ray

Le docteur Chatterjee est un médecin réputé de la bourgeoisie de Calcutta. Invité par le « Rotary Club » à participer à un séminaire sur les derniers progrès de la médecine, il se rend dans une petite ville du Bengale. Son voyage dans la campagne devient un voyage initiatique au cours duquel il rencontre une autre réalité, l'incroyable dénuement des paysans, leur dignité et leur courage. Cette courte incursion dans un autre monde fait irrémédiablement basculer la vie du docteur Chatterjee et pose la question de la médecine à plusieurs vitesses.
Dernier scénario original de Satyajit Ray qui était sur le point de tourner le film lorsqu'il succomba à une crise cardiaque, Uttoran fut réalisé par son fils Sandip qui garda intactes la préparation et la distribution, avec Soumitra Chatterjee, l'acteur principal de l'œuvre de Satayjit Ray. Ainsi Uttoran devient en quelque sorte une œuvre testament.

KATAPURUSHAN
L’homme de l’histoire
Réalisateur : Adoor Gopalakrishnan

Né dans une famille de propriétaires terriens du Kerala, dans une société en pleine transition, Kunjunni est un garçon sensible et doux. Il grandit de façon rationnelle, mais difficile en se forgeant une conscience politique et émotionnelle qui le conduit à faire des choix. Il finit par se libérer de ses inhibitions en découvrant sa créativité d'écrivain.
Le film se déroule sur 50 ans d'histoire, au cours desquels la société féodale du Kerala s'est transformée en une démocratie moderne. Mahatma Gandhi mena la lutte nationale pour l'indépendance, puis le premier gouvernement communiste fut élu démocratiquement en 1959. 10 ans plus tard, vint la réforme agraire et le mouvement maoïste des Naxalites avec ses attaques violentes. Peu après, l'état d'Urgence fut déclaré.
Le film tente d'incarner l'éternel combat de l'esprit humain pour faire valoir ses droits contre toute forme de discipline et de répression qu'un gouvernement, quel qu'il soit, est amené à faire subir au libre choix de l'individu.

KARVAAN
Ombre et pénombre
Réalisateur : Pankaj Butalia

Lajma est institutrice au Pakistan, elle a la quarantaine et vit seule. Née juste après la Partition, elle a grandi chez son oncle, en Inde, dans une maison partagée entre sa famille hindoue et une famille musulmane. Puis elle a quitté l'Inde au début des années 70 pour aller au Pakistan. Nous sommes en 1999, elle revient sur les lieux de son enfance et de son adolescence, pour tenter de mettre fin à un passé qui n'a cessé de la hanter. Sa vie revient en flash-back : sa mère envoyée dans un asile psychiatrique, sa lutte de jeune femme indépendante...
Le film aborde les problèmes identitaires - individuels ou collectifs - liés à la Partition : Lajma face à une famille et à une société, Gautam face à son homosexualité. Comment certains aspects les moins connus de la partition peuvent-ils éclairer les scènes tragiques qui n'ont cessé de hanter les Indiens, comme les Pakistanais, depuis des décennies ?
• Vidéo documentaire (compétition)

Inde/France
LA DANSE DU SERPENT
Réalisateur : Sergio G Mondelo

Au Rajasthan, une petite fille, la quatrième de sa famille, est enterrée vivante par sa mère qui aurait préféré un garçon. Elle est sauvée par sa tante. Cet enfant Sapera appartient à la célèbre caste des charmeurs de serpents, intouchables autrefois nomades. Selon les traditions de son peuple, elle a le droit de danser dans la rue mais par sur scène. Pour avoir dansé pour des blancs, elle a été répudiée. Aujourd’hui adulée par tous, elle est la protectrice de son peuple, elle participe au conseil des sages, aide à la construction d’écoles, de temples, représente sa communauté auprès de l’état doc. Gulabi Sapera danse, fascine. On la suit sur scène, dans les rues, en France, auprès des siens.

Irak

• Vidéo documentaire (compétition)

Irak/France
Les enfants de l’embargo
Réalisateur : Amer Alwan

Après deux guerres et dix ans d’embargo, l’Irak survit. Le pays semble avoir effacé toute trace des destructions qu’il a subies. Les rues de Bagdad cachent leurs blessures et essayent d’offrir un spectacle de prospérité. Pourtant le bilan est lourd : doublement de la mortalité infantile, malnutrition, scolarisation en très forte baisse, destruction des infrastructures sanitaires urbaines, industrielles et surtout isolement culturel tragique du peuple irakien vis-à-vis du monde.
Dans les rues de Bagdad, il n’est pas rare de voir de jeunes garçons livrés à eux-mêmes. Saîf, l’un d’eux se bat pour survivre. Au bord du Tigre, il confie ses souffrances et ses rêves. On le suit à la recherche d’un emploi dans le souk. Dans les écoles, certains enfants privilégiés suivent une scolarité normale, les autres assis à même le sol, essaient d’apprendre les rudiments de la culture nationale. Dans les hôpitaux pédiatriques de Bagdad, avec des moyens dérisoires, les soignants essaient de soulager les souffrances d’enfants innocents. Beaucoup de maladies comme les leucémies ont augmenté de manière spectaculaire au cours des dernières années. Serait-ce à cause des bombes à uranium appauvri lachées par l’Occident pendant la guerre du Golfe ?
Combien de temps encore cette situation dramatique pour les enfants de l’Irak va-t-elle durer ?

Iran

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

AVAZHAYE ARZAMIN NE ADARIYAM
Les Chants du pays de ma mère
Bahman Ghobadi

Ayant perdu toute illusion du monde politique, Balan s'est joint à un groupe révolutionnaire clandestin. Piller est le dernier moyen pour soutenir le mouvement, et Balan se trouve accidentellement mêlé au meurtre du prêtre d'un temple où un butin a été volé. Condamné à la peine de mort, le voici en prison, attendant son exécution. Il revoit défiler sa vie et ses idéaux. Saroja, sa femme, a tant souffert de son engagement et de son absence qu'elle est devenue amère et hostile, mais son fils et son beau-père lui sont restés proches. Ananda, le rédacteur d'un journal révolutionnaire, commence alors une campagne contre la peine de mort, tout en interrogeant le groupe clandestin auquel appartenait Balan. Ils débattent sur les moyens et les armes nécessaires pour soutenir la cause. Entre temps, Balan a demandé à rencontrer la femme et le fils du prêtre qu'il a tué, pour avoir leur pardon.

AVAZHAYE ARZAMIN NE ADARIYAM
Les Chants du pays de ma mère
Bahman Ghobadi

Dans les mois qui suivent la guerre Iran-Irak, alors que les avions irakiens bombardent inlassablement les villages kurdes, un chanteur kurde iranien Mirza , accompagné de ses deux fils, Audeh et Barat, part sur une moto side-car sur les traces de sa compagne disparue. Hanareh était une chanteuse kurde célèbre. Ils vont, au cours de leur quête, trouver l’horreur sous toutes ses formes : villages rasés, immenses charniers, femmes défigurées par les armes chimiques, orphelins regroupés dans des camps; l’insupportable réalité du génocide kurde. La vie, elle, continue, parfois avec humour, lors des scènes cocasses entre le vieux père et ses deux fils, ou quand des chants s’élèvent contre les bombes. Un instituteur, dans une classe en plein air, alors que les bombardiers sillonnent le ciel, fait une leçon sur les avions.
Les chants du pays de ma mère, ou A marooned in Irak est le deuxième film de Bahman Ghobadi découvert en 2000 à Cannes avec Un temps dans l’ivresse des chevaux pour lequel il reçut la Caméra d’or.
Poésie, humour et musique sont ici les meilleures armes pour lutter contre l’indicible, partager, l’espace de quelques images, la tragédie de tout un peuple.
• Jeune public

LES CONTES DE LA MÈRE POULE
Trois histoires pleines de tendresse et d’émotion dont les héros sont fabriqués à partir de tissu, de laine ou de papier découpé. Un univers magique inspiré de traditions persanes.

SHANGOUL-O-MANGOUL
Shangoul et Mangoul
La mère sortie, le loup trompe ses chevreaux et s’introduit dans leur maison. La chèvre arrivera-t-elle à protéger ses petits contre le grand méchant loup ?

MAHI-E-RANGUIN-KAMAN
Le poisson Arc-en-ciel
Arc en ciel, le poisson aux belles écailles est trop fier pour s’amuser avec les autres. Une mésaventure va pourtant l’obliger à se lier d’amitié avec eux.

LILI HOSAK
Un peu trop aventureux, un petit poussin s’éloigne de ses parents et tombe à l’eau. Pour tenter de le sauver, le coq et la poule vont demander l’aide des autres animaux.

KHOMREH
La jarre
Réalisateur : Ebrahim Forouzesh

L’école d’un village iranien aux portes du désert. Au fond de la cour, sous un arbre qui la maintient à l’ombre, est posée une grande jarre de grès à laquelle, régulièrement, tous les écoliers viennent boire. Mais, un jour, cette jarre commence à fuir. Le maître d’école a beau faire la demande d’une nouvelle jarre, il sait fort bien qu’il faudra du temps pour la recevoir. L’un des élèves annonce alors à l’instituteur que son père serait à même de la réparer. Mais ce dernier refuse, prétextant qu’il a beaucoup d’autres choses à faire... Poussé par sa femme et son fils, il se rend tout de même à l’école afin d’examiner la jarre. Pour colmater la brèche, il lui faut en particulier beaucoup de blanc d’oeuf. Les enfants cherchent donc le plus d’oeufs possible à ramener à l’école le lendemain, tant et si bien que le bruit court au village que le maître mange les oeufs frais des habitants. Pour faire taire ces bruits, l’instituteur invite tous ses élèves à revenir le lendemain avec un morceau de pain ; et au matin, il leur distribue à chacun un peu de jaune d’œuf cuit.
Deuxième film d’E. Forouzesh, après La clé, ce film dédié à tous les enfants du désert, s’adresse aux enfants du monde entier. Autour d’une histoire simple, jouée par les habitants du village, La jarre est une parabole sur le pouvoir, l’égoïsme, la solidarité.

MOOSHAK-E KAGHAZI
Avions de papier
Réalisateur : Farhad Mehranfar

Un employé du Ministère de la culture parcourt des villages isolés avec son cinéma ambulant. Un jour, il décide d'emmener son jeune fils avec lui. Ils arrivent à un petit village perdu dans les montagnes du nord, et annoncent qu'un film sera projeté le soir. Les enfants du village l'aident à monter le cinéma en plein air et une amitié soudaine commence entre eux. Pendant ce temps, une jeune fille du village prie pour être fiancée au jeune homme qu'elle aime, et non à l'homme trop âgé venu lui demander sa main. Cette nuit-là, le cinéma en plein air s'adresse à des villageois qui n'ont encore jamais vu de film. Ce public novice est si fasciné que lorsqu'il se met à pleuvoir, les spectateurs s'opposent à l'interruption de la projection. Le jour suivant, une procession de mariage emmène la jeune fille à cheval vers le village de son futur époux. Le père et son fils quittent le village après avoir promis aux enfants de revenir un jour. Pendant cette nuit de cinéma, ils ne s'étaient pas seulement liés d'amitié avec les enfants du village, mais ils avaient permis aux gens de se lier entre eux.
• Vidéo documentaire (compétition)

ATCHEH-HAYE AFGHAN
Les enfants afghans
Réalisation : Mehrdad Farid

Parmi les trois millions d’Afghans réfugiés en Iran, bien peu détiennent un titre de séjour. Ces familles en situation illégale ont environ un million d’enfants d’âge scolaire qui, même pour ceux qui sont nés en Iran, n’ont aucun droit à une insertion officielle dans le système d’éducation iranien public ou privé.
Certains contestent cette situation, et de nombreux volontaires ont organisé des écoles clandestines pour assurer une instruction élémentaire à ces enfants privés d’un droit essentiel. Ces écoles doivent affronter la désapprobation des autorités qui aboutit quelquefois à une hostilité flagrante. À travers le combat d’une jeune étudiante bénévole de vingt ans, le documentaire nous fait rencontrer des enfants qui sont dans l’obligation de travailler dès leur plus jeune âge pour contribuer à la survie matérielle de leur famille. Débordants de vie, comme tous les autres enfants du monde, ils sont remplis d’espoirs malgré un environnement difficile.
Dans la plupart des cas, les scènes et dialogues du film ont été réalisés en prise unique : les réactions des personnages sont spontanées et naturelles.

Filles d’Iran, un chemin secret dans la montagne
Réalisateur : Hormuz Key

Au volant de sa camionnette, un vieil homme parcourt la campagne en distribuant des livres à des jeunes filles qui l’attendent avec impatience. Il est pourtant analphabète. Il poursuit l’oeuvre entreprise par sa femme aujourd’hui décédée : « apporter la lumière » aux femmes d’Iran. Ce trajet du vieil homme « Tonton Hossein Esfandyari » est le fil conducteur de ce documentaire où des femmes de tous âges et de toutes conditions nous font partager leur quotidien, leur enfermement, leur désarroi mais aussi leur espoir et parfois leur révolte. Qu’elles soient jeunes, plus âgées, élèves ou enseignantes, chacune avec sa sensibilité nous informe sur la réalité de sa situation, mais aussi nous interpelle. Elles nous rappellent, ce que peut être dans des pays où la place de la femme est reconnue, nous avons oublié, que l’éducation, la curiosité intellectuelle, la culture sont les moyens les plus efficaces pour s’imposer à égalité dans la société.
Le film s’achève dans un lycée audiovisuel. L’image permettra-t-elle à la femme de s’exprimer et de trouver enfin sa juste place ?

Israël

• Révoltes et Révolutions

MEACHOREI HASORAGIM
Au-delà des murs
Réalisateur : Uri Barbash

Des condamnés de droit commun, des prisonniers politiques, juifs et arabes, cohabitent dans une prison de haute sécurité en Israël. Deux clans s'affrontent, celui des Israéliens avec à sa tête Uri, un droit commun et celui des Arabes dirigé par Issam, condamné pour actes de terrorisme au nom de l'OLP.
Ils se haïssent, opposant au cours de leurs querelles terrorisme d'état et terrorisme individuel.
En fait, ils sont manipulés par l'officier de sécurité qui laisse s'installer un trafic de drogue afin de mieux les contrôler. Issam est accusé du meurtre du pourvoyeur de drogue, dénoncé par un des détenus juifs. Israéliens et Arabes vont s'unir contre les autorités après la découverte d'un billet dans la main du traître qui s'est pendu.
Ce film tourné en 1984 a suscité une vive émotion en Israël. Une projection avec les membres de la Knesset a été organisée, suivie d’un débat avec des hommes politiques.
« La métaphore est claire : cette prison où cohabitent par force deux communautés antagonistes représente Israël et ces murs sont ceux de la haine qui les divise, d’autant que la condamnation sans ambiguïté des manoeuvres des responsables suggère que, sans la pression abusive des autorités, les citoyens des deux bords pourraient trouver un terrain d’entente. » Marcel Martin
• Vidéo documentaire (compétition)

ASUROT
Enchaînées
Réalisatrices : Anat Even et Ada Ushpiz

Najwa, Nawal et Siham, trois veuves palestiniennes, vivent avec leurs 11 enfants dans une maison de la rue Shuhada à Hebron. Leur maison est à la frontière : la façade est sous occupation israélienne tandis que le fond de la maison est placée sous autorité palestinienne. À l'entrée de la maison se trouve un poste militaire, sur le toit l'armée israélienne a placé un poste d'observation dirigé sur la partie palestinienne d'Hébron. Piégées au milieu de tout cela, et constamment entourées de soldats israéliens, les trois femmes vivent avec difficulté une situation illogique : l'occupation devient une routine, l'absurde devient un fait établi. C'est l'histoire d'une occupation qui s'étend jusqu'aux escaliers et au toit d'une maison où l'on vit avec la misère, la solitude et la douleur, mais aussi les petites joies quotidiennes. C'est une prison intérieure, l'extérieure étant l'occupation en cours.
« En tant que réalisatrices israéliennes, fatiguées des effets cumulatifs de l'oppression en territoires occupés de notre propre société, nous avons voulu présenter l'arbitraire de l'occupation vu à travers les barreaux d'une maison occupée, afin de montrer l'étroite démarcation qui sépare un sourire d'un coup de feu. »

Japon

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

ICHIBAN UTSUKUSHII NATSU
Firefly Dreams
Réalisateur : John William

Naomi est une adolescente rebelle qui vit à Nagoya. Les études ne l’intéressent pas et sa relation avec sa mère devient d’autant plus agressive que cette dernière part avec un autre homme. Son père l’envoie passer l’été chez sa tante, dans la campagne de Horaicho, au centre du Japon. Naomi déteste travailler au restaurant de sa tante, celle-ci lui propose alors de s’occuper de Mme Koide, une parente âgée qui vit seule et perd la mémoire. Naomi aime les manières empreintes de dignité de Mme Koide et ses histoires du passé, elle découvre aussi que la vieille dame a un étonnant secret. Cette fragile femme au kimono fut une beauté très convoitée qui défraya la chronique pour ses audaces romantiques contraires aux conventions sociales. Elle eut même un rôle dans le film « La Vallée des lucioles ». Naomi se rapproche de Mme Koide, tout en ayant par ailleurs une histoire d’amour avec le livreur du restaurant. Malgré leur différence d’âge, la présence stabilisante de Mme Koide donne à Naomi la force de continuer.

KAGAMI NO ONNATACHI
Femmes en miroir
Réalisateur : Yoshida Kiju

Aï, une femme âgée, vit à Tokyo avec sa petite fille Natsuki. Un jour, on lui annonce qu’on a retrouvé sa fille Masako, disparue 24 ans auparavant sans laisser de trace, si ce n’est le bébé qu’elle venait de mettre au monde. Mais Masako est devenue amnésique. Seul un nom résonne encore dans sa mémoire : Hiroshima. Aï, Masako et Natsuki vont faire ensemble le voyage à Hiroshima pour tenter de reconstruire leur histoire.
Femmes en miroir, tourné 14 ans après Onimaru est le 19e film de Kiju Yoshida à qui le Festival international des Cinémas d’Asie de Vesoul a rendu hommage en 2001, en sa présence et celle de Okada Mariko.
« Je pense que la guerre est un crime perpétré par les hommes. Or le vingtième siècle a été soutenu par la force des femmes, qui n’ont pas voulu la guerre. Sans parler des femmes, il est impossible de représenter ce vingtième siècle qui a été sauvé de la bombe atomique. C’est donc tout naturellement que j’ai construit mon récit autour des femmes. » Kiju Yoshida

SHÔJO KAKUMEI UTENA
Utena, Apocalypse d’adolescence
Réalisateur : Kunihiko Ikuhara

Petite fille, Utena Tenjô reçut une bague en forme de rose d’un mystérieux prince. Depuis, elle reste secrètement amoureuse du jeune homme et, en même temps, manifeste sans cesse le désir de lui ressembler. Aujourd’hui, elle vit chez sa tante depuis la mort de ses parents. Sportive et populaire, elle s’habille toujours comme un garçon. Nouvelle au lycée Ohtori, elle adopte tout naturellement l’uniforme noir de ses camarades masculins. Un jour, son amie Wakaba est humiliée par Saionji, un membre du Conseil des élèves. Outrée par la conduite de ce dernier, Utena le provoque en duel. Bien vite, Saionji remarque l’emblème d’Ohtori sur la bague de notre héroïne. Or, seuls les membres du Conseil ont le droit de posséder un tel bijou. Les deux antagonistes prennent dès lors place sur une étrange aire de combat...
D’autres duels vont suivre et celui ou celle qui restera invincible obtiendra la fiancée de la rose.

METROPOLIS
Rintaro

À Métropolis, chacun est à sa place. Dans cette immense cité du futur, les humains et les robots cohabitent dans un cadre strict. On s’apprête à inaugurer le gigantesque gratte-ciel Ziggurat qui abrite les élites de la société qui y mènent une existence dorée. Les pauvres et les robots, eux, sont condamnés à une vie souterraine qui s’est organisée au sein d’un vaste réseau dans les entrailles de la ville.
Alors que les soulèvements anti-robots se multiplient, le détective Shunsaku Ban et son assistant Kenichi sont à la recherche d’un scientifique rebelle, le docteur Laughton, qui a créé Tina, une merveilleuse petite fille, qui est aussi un robot d’un nouveau genre. Ils découvrent que le savant est protégé par un homme énigmatique et puissant. D’autre part, un groupe d’humains, membres du parti Malduk s’attaque aux robots qu’ils trouvent beaucoup trop présents.
Métropolis est un film d’animation basé sur le manga classique créé par Osamu Tekuza, lui même s’étant inspiré du chef d’œuvre de Fritz Lang. Cette histoire rétro-futuriste est racontée grâce à des images spectaculaires, dans un style visuel combinant l’animation traditionnelle japonaise et les toutes dernières inventions de la technologie numérique. Rintaro, poète surréaliste, développe une réflexion poussée sur les rapports entre les hommes et les robots dans un décor mêlant futurisme et art déco des années 30.
• Révoltes et Révolutions

JOIUCHI
Rébellion
Réalisateur : Masaki Kobayashi

En 1725, au Japon, pendant l’ère Tokugawa, des clans s’affrontent autour de l’ancien samouraï Sasahara. Son fils et sa bru, concubine royale, viennent d’être assassinés. Fou de douleur, Sasahara enlève son petit fils, enjeu du complot, et s’enfuit aux confins du domaine.
Il se révolte contre le système auquel il s’est plié toute sa vie, et c’est son existence même qu’il remet en question en se rebellant.
Rébellion a été écrit en collaboration avec Shinobu Hashimoto, scénariste des 7 samouraïs.
Jusqu’en 1944, le « jidaï geki », film en costume, était dévoué à la cause impériale. Dans Rébellion, le samouraï, à l’image du Japon mortifié, est brisé. Il est à la recherche de sa dignité enfuie. Sa violence naît de ses illusions perdues.
Rébellion est considéré comme l’ultime film de samouraï : s’y affrontent deux stars du genre, Toshiro Mifune et Tatsuya Nakadai.

Kirghizistan

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

ALTYN KYRGHOL
Le faisan d’or
Réalisateur : Marat Sarulu

Sur l’ancien tracé de la route de la soie, une voie de chemin de fer traverse la steppe kirghize. Quatre enfants ont quitté leur village de montagne pour rejoindre la voie ferrée où ils rêvent d’emprunter un chemin qui les emportera au loin.
Le train roule au même moment dans la plaine. Au cours de ce long périple ferroviaire se croisent les destins de l’hôtesse du wagon, de son ex-mari et de son premier amour, de sa fille, d’un couple d’amoureux, d’une prostituée, d’un artiste peintre qui brosse le portait des voyageurs, et d’une bande de voyous. Ceux-ci rouent l’artiste de coups et le jettent sur la voie ferrée. C’est là que les enfants font sa connaissance.
L’aîné du groupe réalise bientôt que cette rencontre constitue un tournant dans sa vie ; il demande au peintre la permission de l’accompagner laissant ainsi ses compagnons de voyage.

Mongolie

• Révoltes et Révolutions

TUNGALAG TAMIR
Le tamir limpide
Réalisateur : Ravjaaguyn Dorjpalam

Un homme est chassé par son patron, victime de son honnêteté. Il part avec sa femme et son fils à la recherche d’un nouvel emploi. Il arrive chez un riche éleveur et devient son serviteur. Pour nourrir les siens, il doit accepter toutes sortes d’humiliations contre lesquelles il se révoltera.
Cette épopée est une fresque de la société mongole des années 20. Y sont dépeintes les différences entre riches et pauvres à travers leurs caractères et leur force d’âme. L’un des héros finit par s’engager dans les rangs de la révolution communiste pour lutter contre les troupes contre-révolutionnaires enrôlées sous la bannière du baron Ungern.

URSS
POTOMOK CINGISHANA
Tempête sur l’Asie
Réalisateur : Vesvolod Poudovkine

Au début des années 20, l’armée anglaise occupe la Mongolie, pillant et asservissant la population. Les riches marchands américains achètent aux chasseurs mongols de superbes fourrures à très bas prix. C’est ce qui pousse Bair, qui vient de se faire duper, à rejoindre le détachement des partisans luttant contre les armées interventionnistes. Au cours d’une de ces batailles, il est fait prisonnier par les Anglais. Parmi ses effets personnels, on trouve une amulette ainsi qu’une charte de Gengis Khan. Les Anglais décident de faire de lui un roi marionnette pour faciliter leur mainmise sur toute la Mongolie. On le pare des habits les plus coûteux, on l’entoure d’attentions et d’honneurs. Mais au lieu de coopérer, Bair se révolte contre la cruauté et la cupidité des occupants et soulève avec lui tout le peuple.
Tempête sur l’Asie ou Le descendant de Gengis Khan est l’histoire d’une révolte, celle d’un homme mais aussi celle d’un peuple contre l’occupant. Le film tourné en 1928 est sorti en 1929 et a été sonorisé en 1949. Cet incunable du cinéma soviétique est le troisième volet d’une trilogie dans laquelle Poudovkine s’attache à illustrer le thème révolutionnaire de la prise de conscience. Le montage expressif, la qualité de la direction d’acteurs et le lyrisme des images sont les marques du talent de ce grand réalisateur soviétique.

Népal

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

NUMAFUNG
A beautiful flower
Réalisateur : Nabin Subba

Des hommes d'un village voisin sont venus demander la main de Numafung. Ils n'ont pas l'argent réclamé par le père de Numafung et doivent négocier. Numafung ne veut pas se marier, mais personne ne l’écoute. Aussitôt mariée, elle quitte la ferme de ses parents. Elle aime Ojahang, son mari, et se retrouve bientôt enceinte. Alors que sa jeune sœur lui rend visite, Ojahang meurt des suites d'un accident. Numafung est accablée de chagrin et sa vie est anéantie lorsqu'elle perd l'enfant qu'elle porte. Elle retourne chez ses parents. Après quelques mois, elle rencontre Rikute dans une fête locale. Le joyeux Rituke la taquine et lui demande sa main en plaisantant. Girihang, un homme violent et injuste, se soucie peu que Numafung soit veuve. Il verse l'argent et l'épouse. Elle ne tarde pas à se rendre compte qu'elle ne pourra jamais partager la vie d'un tel homme. Il se bat avec tout le monde...

Ouzbékistan

• Révoltes et Révolutions

NIEPOKORNAIA
L’insoumise
Réalisateur : Anatoli Kaboulov

1925, en Karalpakie. Le bonheur de la jeune gardienne de moutons Djoumagoul est de courte durée : Touroumbet, son époux, est arrêté au lendemain de leur nuit de noces par le milicien local, Emberguénov, qui le soupçonne du meurtre d’une jeune femme. Djoumagoul essaye, sans succès, de faire libérer son mari. De retour dans son foyer, Touroumet accepte de livrer aux opposants antisoviétiques une cargaison d’armes. En échange, Touroumbet reçoit des bijoux qu’il offre à Djoumagoul : parmi eux, une broche que la jeune femme reconnaît pour avoir appartenu à son ancienne amie assassinée. Elle se révolte alors et s’engage dans l’armée rouge et propage des idées féministes dans la société ouzbek traditionnellement musulmane.
D’après un récit de Toulepbergen Kaipergenov, La Fille de Karapalkie, l’Insoumise est un exemple du cinéma soviétique mettant en scène des évènements du lendemain de la Révolution de 1917.

Palestine

• Jeune public

HIKAYAT AL-JAWAHER AL-THALATHA
Contes des trois diamants
Réalisateur : Michel Khleifi

Youssef, jeune Palestinien de douze ans, vit à Gaza avec sa mère et sa sœur ; son père est mort en prison, son frère est recherché par l’armée israélienne. Bien qu’il vive les combats, la répression au quotidien, il réussit à s’évader dans un monde imaginaire et aime se promener dans la campagne à la recherche d’oiseaux. Un jour, il rencontre Aïda, jeune gitane chef de bande ; il en tombe amoureux. Pour l’épouser, il lui faut retrouver trois diamants perdus d’un collier ramené d’Amérique du Sud par le grand-père de la jeune fille. Comment quand on n’a ni argent, ni papier rejoindre ce continent lointain ? ...
Conte comme son titre l’indique ? Documentaire sur un pays en guerre ? Histoire du peuple palestinien, le film de Michel Khleifi est tout cela à la fois. C’est aussi un regard sur l’enfance, où poésie, imaginaire, rêve, aident à supporter l’inacceptable.
• Vidéo documentaire (compétition)

Palestine/Liban/USA
HLAM AL-MANFA
Rêves d’exil
Réalisateur : Mai Masri

Rêves d’Exil raconte l’histoire de deux jeunes Palestiniennes : Mona et Manar. Mona vit au camp de réfugiés de Chatilla, à Beyrouth.
Manar, quant à elle, survit à Dheisha, un camp de réfugiés à Bethléem en Palestine.
Tourné à la suite de la libération du sud Liban de l’occupation israélienne et lors du déclenchement de la seconde Intifada, le film raconte les rêves de Mona et Manar ainsi que l’amitié qui grandit entre les deux jeunes filles grâce à Internet, jusqu’à leur rencontre à la frontière qui les sépare de leur terre et l’une de l’autre.
À travers l’histoire de ces deux adolescentes, c’est l’histoire de toute une génération d’adolescents séparés, déchirés, loin de leurs terres, de leurs racines, et dont la préoccupation principale est bien éloignée de celle des adolescents de pays en paix.

Palestine/Liban/France
Un seul retour
Réalisateur : Nicolas Damuni

Le film traite de l’avenir incertain de 400 000 réfugiés palestiniens au Liban et de la crise d’identité que traverse la nouvelle génération de la diaspora.
« Qui suis-je ? c’est une question que je me suis posée. Depuis je cherche mon identité ». Nicolas Damuni

Philippines

• Vidéo documentaire (compétition)

Philippines/France
Vivants chez les morts
Réalisateur : Jérôme Bouyer

Dans les tombes du cimetière de Makati, à l’ombre des gratte-ciel du quartier d’affaires bouillonnant de Manille, aux Philippines, vivent un demi-millier de personnes, naufragées du développement, exclues de la réussite, squatters de la misère, en état de survie parmi le calme champêtre des morts.
Ce cimetière, lieu traditionnel de la mort est un lieu de vie : on y écoute de la musique, regarde la télévision, prépare et prend ses repas, on y dort ; les enfants jouent, les vivants côtoient les morts. Une seule exigence pour tous : avoir l’autorisation des propriétaires des tombes et bien sûr ne pas enfreindre la loi.
« On se sent bien ici au cimetière. Vous savez, ce n’est pas des morts qu’il faut avoir peur, mais des vivants » confie une résidente.
Jérôme Bouyer dépeint avec beaucoup de sensibilité et de pudeur cette communauté où la vie l’emporte sur la mort.

Sri Lanka

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

TANI TATUWEN PIYABANNA
Voler d’une seule aile
Réalisateur : Asoka Handagama

Une jeune femme, Manju, vit travestie en homme : elle dissimule sa véritable identité, notamment au garagiste qui l’emploie comme mécanicien. Elle vit en couple avec une autre femme, Kusum. Suite à un accident, son secret est découvert par le médecin qui la soigne, mais ce dernier décide de ne pas le divulguer, espérant ainsi tirer profit de son silence. Les jours suivants, une anxiété croissante gagne Manju : le médecin la harcèle au téléphone, et elle finit par lui rendre régulièrement visite à la clinique. Dans le même temps, Sarath, un autre employé du garage, ressent pour Manju une attirance croissante. Se méprenant sur les causes de ses visites régulières au médecin de la clinique, Sarath attribue à Manju les mêmes tendances homosexuelles, et tente de « le » séduire. Manju se retrouve alors sous la double pression du médecin et de Sarath. Elle tente de repousser l’un et l’autre, mais par dépit, le médecin révèle finalement son secret au garagiste. Manju s’enfuit, mais devra affronter railleries et insultes jusqu’au dénouement tragique.
Ce récit s’inspire d’un fait divers survenu au Sri Lanka en 1999. La jeune femme, vient tout juste de sortir de prison. Ce film, le quatrième du réalisateur de This is my moon a été tourné entièrement en extérieur en Galle (Sri Lanka du Sud).
« C’est la première fois que dans cette partie du monde, la question de la condition féminine est abordée sous cet angle. Ce film est la description d’un combat sans issue autre que la mort. » Asoka Handagama

ME MAGE SANDAI
This is my moon
Réalisateur : Asoka Handagama

Une nuit, dans la zone de guerre au nord du Sri Lanka, une bataille fait rage entre les forces du gouvernement et les séparatistes tamouls. Un soldat cingalais s'est recroquevillé, seul dans son bunker, indifférent aux bombardements et au massacre qui ont lieu autour de lui. Soudain, une jeune femme tamoule piégée et terrifiée tombe dans le bunker. Elle se laisse violer pour sauver sa vie. Après deux nuits seul avec cette femme, le soldat jette son arme et devient déserteur. Il se met en route pour son village, mais elle le suit. Il retrouve son village dévasté par la sécheresse et le désespoir. Les gens tentent de survivre en grattant la terre desséchée des récoltes. Ils n'ont ni travail ni le moindre argent. Leur seul espoir est que leurs fils, frères ou maris s'engagent dans l'armée. Ils peuvent alors vivre de leur pension, ou de l'aubaine des sommes compensatoires versées pour les soldats tués au combat.
Et il y a cette femme tamoule. Sa présence dans ce village frontalier accentue les sentiments d'incertitude et d'absurdité causés par la guerre et les exigences infligées aux plus pauvres du pays. Jalousie, trahison, haine et convoitise commencent à régner dans le village.

Turquie

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

HICBIRYERDE
Nulle part
Réalisateur : Tayfun Pirselimoglu

Sükran, une femme de quarante ans, travaille au guichet central de la gare de Haydarpasa. Veysel, son fils unique, est ouvrier dans une usine de fil de fer à la périphérie de la ville. Sükran, qui a souffert des engagements politiques de son défunt mari, cherche à protéger son fils en l’éloignant le plus possible de la politique. Mais un jour, Veysel disparaît... Alors que tout le monde le croit mort, Sükran est persuadée du contraire et part jusqu’à Mardin à sa recherche.

Vietnam

• Visages des Cinémas d’Asie contemporains – Compétition

MUA OI
La saison des goyaves
Réalisateur : Dang Nhat Minh

Hoa, homme d’une cinquantaine d’années est modèle à l’Ecole des Beaux Arts d’Hanoi. Il est tombé du goyavier de la maison familiale alors qu’il était enfant et depuis a gardé l’âge mental d’un enfant de treize ans et vit dans ses souvenirs. La maison qu’il habitait autrefois avec ses parents, aujourd’hui décédés, a successivement été mise à la disposition de l’Etat, puis vendue à un haut fonctionnaire. Son frère vit à l’étranger ; il habite avec sa soeur dans un petit appartement. Hoa ne fait que penser au goyavier de son enfance et un jour il entre par effraction dans la maison qui fut la sienne. Il est arrêté par la police, puis libéré grâce à l’intervention de sa soeur. La nouvelle occupante de la maison le prend en pitié et décide de l’héberger. A son retour de mission, son père, furieux, le fait interner.
À travers l’histoire de cet enfant, de cette maison, et du goyavier du jardin, Dang Nhat Minh conte une fable profondément ancrée dans l’histoire de ce pays qui parvient si difficilement à panser ses plaies et qui faute de pouvoir effacer son passé s’accommode du présent.
« Je crois que la nostalgie de Hoa fait partie intégrante de mon âme. Et je suis certain que nous avons tous quelque chose de Hoa au plus profond de nous-mêmes. Chacun peut retrouver sa part de naïveté s’il ne la tue pas prématurément. Même s’il est difficile d’éprouver à nouveau les états d’âme d’un enfant, il faut s’efforcer d’y parvenir de temps en temps afin que la vie soit plus humaine ». Dang Nhat Minh
• Vidéo documentaire (compétition)

Vietnam/France
Ceux qui restent
Réalisateur : Boris Lojkine

Un parcours à travers le Vietnam d’aujourd’hui sur les traces de la guerre. Nous recueillerons les souvenirs d’anciens combattants vietnamiens (anciens soldats du Nord Vietnam et résistants « vietcongs »), en leur rendant visite chez eux, ou en retournant avec eux sur les lieux de la guerre.
La tonalité de ce film est celle de la nostalgie, non pas celle du communisme, mais celle d’une page d’histoire qui se tourne, la nostalgie de la lutte, des combats de la jeunesse, d’un temps héroïque, aujourd’hui révolu, et qui laisse souvent un goût amer.

Vietnam/France
GAO RANG
Riz grillé
Réalisatrice : Claude Grünspan

Né dans la guerre, le cinéma vietnamien est un cinéma destiné à pousser la population à se battre, à haïr l’ennemi, et a été pour de nombreux Vietnamiens un des seuls moyens de se tenir au courant de l’avancée du conflit dans le reste de leur pays. Peu de caméramen de guerre vietnamiens ont survécu à la guerre du Vietnam. Six d’entre eux racontent, presque trente ans après, leurs images en même temps que leur expérience. " Gao rang ” c’est le riz grillé que les cameramen vietnamiens utilisaient pour protéger leurs pellicules des ravages de l’humidité. Ils devaient chaque jour sacrifier une portion de leur ration de riz (quand ils en avaient). Ainsi, ils avaient très souvent à arbitrer entre leur faim, leur envie de manger le riz, et la nécessité de ramener des images les moins abîmées possibles.
« Ils voulaient défendre leur pays, étaient parfois d’authentiques communistes. Pour défendre leurs idées, il leur a fallu vivre sous les bombes, côtoyer la mort pendant plusieurs années et mentir avec leurs images... Au cas où leurs convictions n’auraient pas suffi, la peur du regard des autres, la crainte de voir leur famille mise en prison au cas où ils déserteraient ou ne ramèneraient aucune image utilisable dans les films de propagande étaient suffisamment incitatives. Prisonniers de l’Histoire... C’est ce gouffre entre ce qu’ils disent et les images d’archives qui m’a intéressée ». Claude Grünspan
  

 
 
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