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6e Festival de l'Imaginaire
Du 5 mars au 7 avril 2002
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Afghanistan
Ensemble Kaboul, invitée spéciale Afsaneb, soirée de soutien au peuple afghan
Jeudi 4 avril à 20h30 au Théâtre équestre Zingaro
L'Ensemble Kaboul semble bien être aujourd'hui un des rares groupes constitués au monde, sinon le seul, a encore joué cette musique à la fois en professionnels et dans la lignée des grands maîtres traditionnels.
L'Ensemble Kaboul, fondé à Genève en 1995 dans le cadre des Ateliers d'ethnomusicologie par Hossein Arman, se consacre à la musique traditionnelle afghane, classique et populaire. Pays multi-ethnique, l'Afghanistan offrait jusquà récemment une palette musicale variée, dont l'Ensemble Kaboul présente une image haute en couleurs. Son répertoire comporte des chants d'amour, de fêtes et de mariage, ainsi que de brillantes prestations instrumentales. À la région de Mazar-i-Sharif dans le nord du pays, il emprunte les mélodies aériennes et les chants inspirés des bardes tadjiks ; à Hérate, proche de la frontière iranienne, ses compositions subtiles pour le luth rubâb ; à Jalalabad et à Logar leurs airs de fête extatiques, où les envolées de la flûte tub sont rythmées par des percussions virtuoses; à la capitale Kaboul enfin ses râgs classiques, dont le parfum rappelle celui de la grande musique indienne.
Pour cette occasion particulière, l'Ensemble Kaboul a invité la grande chanteuse Afsaneh à se joindre à lui pour la première fois, afin qu'on n'oublie pas la voix des femmes afghanes, injustement réduites au silence dans leur patrie. Chanteuse très réputée dans les années 60 et 70, Afsaneh possède un répertoire immense, dont plus de 500 chansons avaient été enregistrées par la radio et la télévision afghanes. Connaissant à la fois la musique indienne et la musique persane elle a su en tirer une synthèse unique, qui avait fait d'elle une véritable ambassadrice de la poésie chantée afghane. Résidant aujourd'hui en Allemagne, elle n'a plus que rarement l'occasion de chanter en public ; cette soirée marquera peut-être la renaissance de sa carrière. Laurent AuBERT
Les bénéfices de ce concert, organisé par la Maison des Cultures du Monde avec Le soutien du Théâtre Équestre Zingaro, de La Ville d'Aubervilliers, de l'Association Itinéraires Afghans, seront versés à l'UNICEF pour le fonds « Urgence Afghanistan ».
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Bangladesh
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Bhoutan
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Brunéi
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Cambodge
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Chine
Musique de la tradition d'Ili d'Asie Centrale
Samedi 9 mars à 20h30 et dimanche 10 mars à 17h
à la Maison des cultures du Monde 101, bd Raspail 75006 Paris.
Les Ouïgours sont un grand peuple türk oriental dont la majorité se trouve au Turkestan chinois. On les trouve également au Kazakhstan, dans la vallée d'Ili, ainsi qu'en Ouzbékistan et au Kirghizstan ou ils ont émigré durant l'époque soviétique. Dans ce nouvel environnement, ils perpétuent leurs traditions de musique et de danse, libres de toutes les contraintes imposées par la politique culturelle chinoise. Le répertoire ouïgour varie selon les régions : le Sud (Kashgar, Yarkend), est le foyer du Onîkkî Muqâm, immense monument musical constitué de douze grandes suites dont l'organisation rappelle celle du Shash Muqâm tadjik-ouzbek ou de la Nûba arabo-andalouse. Au Nord (Ili, Kulja), en plus d'une version abrégée du Onikki Muqâm, le répertoire est constitué de douze petites suites de chansons (Ili nakhshesi), dont les intonations portent plus nettement la marque de l'origine turco-mongole des Ouïgours et ne semble pas avoir subi d'influence moyen-orientale. Un autre genre très en faveur comprend des suites de danses dont le tempo s'accélère progressivement. Dans la tradition du Nord, elles se jouent en duo de luths dotâr et tanbûr, éventuellement soutenus par la vièle qijak, mais sans percussion. La musique ouïgour est rarement présentée en Europe, mais elle de celles que l'on aime tout de suite. Sous ses différentes formes, elle se présente comme une tradition à la fois sophistiquée et savante, mais aussi chaleureuse et stimulante et peu d'Ouïgours sont capables d'y résister.
Les artistes ouïgours invités au Festival de l'Imaginaire vivent aujourd'hui en Ouzbékistan et au Kirghizstan. Connus comme les meilleurs interprètes de la musique ouïgour, ils sont conduits par Abdulaziz Hashimov qui est originaire de Kulja (Turkestan chinois). À l'âge de 22 ans, il abandonne ses études de médecine pour se consacrer exclusivement à la musique, et s'installe à Tashkent. Il y reçoit une formation musicologique poussée et commence à rassembler le répertoire classique ouïgour. Doté d'une fabuleuse mémoire, il chante et joue (au dotâr et tanbûr) tous les airs qu'il collecte depuis plus de trente ans. Il est le gardien de la science musicale ouïgour. Jean DURING
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Corée du Nord
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Corée du Sud
Kut, rituel chamanique, suivi de « La fleur, leau, larbre », création du Théâtre Jayu
Samedi 9 mars à 20h30 et dimanche 10 mars à 20h30
à la Maison des cultures du Monde 101, bd Raspail 75006 Paris.
Le rituel du kut exécuté surtout par des mudang (femmes chamanes) est davantage réservé aux dieux qu'aux humains. Il peut divertir, questionner, solliciter une bénédiction ou un remède et chasser les mauvais esprits. En tout cas, le kut comporte une composante théâtrale importante basée sur la danse, le chant, la musique et l'utilisation de divers accessoires d'une grande beauté plastique.
Cette composante n'a pas échappé à Kim Jeong-Ok, le fondateur du Théâtre Jayu qui, depuis 1978, explore les voies d'une dramaturgie spécifiquement coréenne.
Le rituel chamanique du kut lui sert de référence ; chacun des spectacles du Théâtre Jayu est un événement exceptionnel de beauté, d'enchantement, d'expression, de force dramatique.
« La Fleur, l'eau, l'arbre », mise en scène par Kim Seung-Mi en est un des plus beaux exemples.
Le spectacle proposé pour le festival comporte deux parties :
La première : deux rituels chamaniques, le ssikim kut et le cheulmuli kut interprétés par cinq grandes chamanes.
La seconde : le spectacle « La Fleur, l'eau, l'arbre » qui intègre le kut traditionnel et réunit autour des chamanes une vingtaine d'acteurs, chanteurs, danseurs qui vont nous narrer l'histoire d'une princesse à une époque qui pourrait être celle des trois royaumes.
Un spectacle où le passé et le futur, le vrai et le faux, le réel et l'univers du théâtre s'enchevêtrent, s'entrecroisent pour le plus grand plaisir du spectateur.
Une soirée au cours de laquelle nous verrons comment un théâtre résolument novateur peut plonger ses racines dans une forme traditionnelle. Chérie KHAZNAOAR
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Inde
Le Chant des Bâul
Lundi 18 mars à 19h
à la Maison des cultures du Monde 101, bd Raspail 75006 Paris.
Parvathy, âgée seulement de vingt-quatre ans a été initiée dès l'adolescence à l'expression des mystiques indiens du Bengale : les Bâul. Son gouroû qui lui enseignait les mythes de la religion de l'amour, mêlés aux préceptes du soufisme et à cet immense élan vers les autres, qui patiemment lui donnait les clefs de la technique du chant lancé sous les arbres, dans les rues de villages ou sur les places publiques, qui modulait sa voix forte et tendue mais assouplie par toute la subtilité des images contenues dans les poèmes populaires, lui dit un jour : « Pars et vis de hasard et de joie comme les vrais Bâul en ne prenant que ce qui te sera donné ! »
Aujourd'hui, Parvathy, qui peint de longues toiles rappelant les rouleaux des conteurs bengali, conte avec ses chants en dansant et joue les instruments traditionnels des mystiques errants, vêtus de jaune orangé : lektâr, cordophone de bambou, le douggui, petit tambour à deux peaux accroché à la ceinture. Elle frappe de ses pieds bruns la poussière des marchés et fait tinter ses chevillières d'argent pour évoquer Prem, l'amour-enfant dans le ventre maternel qui refuse de sortir vers le monde, l'arbre à miel, Vishnou au sommeil cosmique, le naufrage de la barque des navigateurs du Gange et les caresses de Krishna à Râdhâ.
L'échelle musicale bâul, très particulière, demande à la voix humaine un ambitus large et une versatilité prodigieuse. Malgré son jeune âge et sa silhouette gracile, Parvathy, par sa grâce et sa conviction, incite les foules à l'écouter, à la regarder, petite flamme qui domine le doute et l'incrédulité. Françoise GRÛND
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Indonésie
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