23 septembre-22 décembre 2002
Théâtre du Châtelet
du lundi 23 au mercredi 25 septembre à 20h00
Danses de cour et danses populaires
• Danseurs et musiciens de l’Institut National Coréen de musique et de danses traditionnelles
• Quatre danses populaires :
Salpuri, Seungmu, Hallyangmu, Ganggangsullae.
• Trois de cour :
Pogurak, Chunaengjeon, Taepyeongmu,
En collaboration avec l’Institut national coréen de musique et de danses traditionnelles
durée : 90 minutes
Théâtre de la Ville
samedi 28 à 17h00 et lundi 30 septembre à 20h00
• Samulnori Hanullim
Ensemble de neuf percussionnistes
Directeur artistique, Kim Duk-soo
durée : 80 minutes
Théâtre Molière / Maison de la Poésie
Les cinq récits du répertoire classique Pansori
Version intégrale surtitrée
• Percussion/Buk, Maîtres Jung Hwa-young, Kim Chung-man
• Chunhyangga (Le Chant de Chunhyang) par Madame Ahn Suk-sun
lundi 7 octobre à 19h30 : 1ère partie (durée : 2h45)
mardi 8 octobre à 19h00 : 2ème partie (durée : 2h45)
samedi 19 octobre à 17h00 : intégrale par Lee Nan-cho (durée : 5h30)
• Jeokbyeokga (Le Dit de la falaise rouge) par Monsieur Kim Il-goo
mercredi 9 et mardi 15 octobre à 19h30
durée : 3h40
• Heungboga (Le Dit de Heungbo) par Madame Kim Soo-yeon
jeudi 10 et mercredi 16 octobre à19h30
durée : 2 heures
• Sugungga (Le Chant du palais sous-marin) par Monsieur Cho Tong-dal
vendredi 11 et vendredi 18 octobre à 19h30
durée : 3h30
• Simcheongga (Le Chant de Simcheong) par Madame Kim Young-ja
samedi 12 et vendredi 17 octobre à 19h30
durée : 4 heures
Théâtre des Abbesses
du lundi 21 au jeudi 24 octobre à 20h30
• Théâtre masqué / Unyul Talchum, de Incheon
Style du nord de la Corée (du Sud), masques de bois peint moines, sorciers, lions, démons, bouffons.
durée : 80 minutes
Théâtre des Bouffes du Nord
mardi 12 novembre à 19h30
• Rituel chamanique par Madame Kim Kum-hwa avec un ensemble de chamans et de musiciens
durée : 3h00
Théâtre des Bouffes du Nord
du mercredi 13 au dimanche 17 novembre à 21h00 (dimanche à 17h00)
• Théâtre masqué / Hahoe Beolsin-gut Tal-nori
Style lié au chamanisme remontant au XVe siècle, scènes de la vie villageoise, de possession
durée : 70 minutes
Théâtre des Bouffes du Nord
du mercredi 13 au samedi 16 novembre à 20h00, dimanche 19 novembre à 15h00
• Théâtre de Marionnettes, Kkokdu-gaksi
Michoo Drama Institute.
Tradition des troupes itinérantes Namsadang
durée : 60 minutes
Athénée Théâtre Louis-Jouvet
lundi 18 novembre à 20h00
uvres de compositeurs coréens :
Yun Isang
Pièce concertante pour ensemble
Quatuor pour hautbois et cordes, mouvement lent
Images pour flûte, hautbois, violon, violoncelle
Choi Myung-whun,Yeon-nori pour 2 violons
Choi Jiyoun, Sculpture d’ondes pour ensemble
Pagh-Paan Younghi, Io pour ensemble
Ensemble Contrechamps
Direction, Jürjen Hempel
Théâtre Molière / Maison de la Poésie
lundi 14 octobre à 19h00
• Littérature
Soirées en présence de poètes :
Ko Un, Hwang Tong-gyu, Sin Kyong-nim
• Cinéma
Aspects du cinéma coréen contemporain
Programme établi en collaboration avec Les Cahiers du cinéma, avec le soutien de l’American Center Foundation, d’agnès b. et de la Korea Foundation
Samulnori Hanullim
Percussions
Le Samulnori
d'après Han Myung-hee, professeur au département de musique de
l'Université de Séoul
Dans l'immense diversité musicale coréenne se distingue un genre bien enraciné et largement pratiqué : le nongak, ancêtre du Samulnori.. Les théories sur ses origines sont complexes. Il pourrait être issu des fêtes des moissons ou dériver de rites destinés à chasser les esprits malfaisants. A moins qu'il ne soit né d'une évolution des cérémonies bouddhiques ou de la tradition de la musique militaire coréenne. Le nongak s'illustre par une multitude de variantes régionalespungmul, dure, maegu, gut... qui ont des fonctions différentes. La théorie la plus probable semble être celle qui le rattache au cycle de la vie agricole.
Les quatre instrumentskkwaenggwari, jing, janggu, bukappartiennent à la très ancienne tradition du nongak. Les vibrations sonores du grand gong (jing) évoquent l'immobilité de la création ; le fracas métallique du petit gong (kkwaenggwari) s'ajoute aux sonorités des percussions de bois et de peaux (janggu, tambour-sablier, et buk, tambour-baril), lesquels produisent un son riche et exaltant. Avec le temps, le nongak est devenu l'un de facteurs majeurs de cohésion de la culture coréenne, ainsi que l'une de ses plus remarquables réalisations artistiques, ouvrant la voie
au samulnori.
Le terme samul a été utilisé au cours du temps dans des contextes différents. Par exemple, dans le cas du nongak, des groupes de musiciens professionnels pratiquaient autrefois le samul, c'est-à-dire l'ensemble des quatre instruments de percussion du samulnori (kkwaenggwari, jing, janggu, buk). Dans la tradition bouddhique, on trouve également trace d'un ensemble instrumental nommé samul. Les instruments étaient ceux des rituels de temple : le beopgo (petit tambour recouvert de cuir, dont on joue face au Bouddha), le unpan (gong installé dans le réfectoire et utilisé pour rassembler les moines aux heures des repas), le mogo (morceau de bois creux en forme de carpe, suspendu, frappé durant la lecture des soûtras) et le daejong (grande cloche).
Pansori
Opéra pour un chanteur et un percussionniste
Le Pansori est issu du chamanisme qui est la source et le fondement de la plupart des formes d'expression artistiques scéniques coréennes. Il est apparu, dans sa forme actuelle, au dix-septième siècle.
Le Pansori (sori = chant, pan = aire de jeu, place de marché), est une forme d'opéra pour un seul chanteur. Un mono-opéra. Un solo oral, dramatique, musical, en vers, avec accompagnement de tambour. Les éléments du Pansori sont sori ou chang (le chant), aniri (la narration parlée), ballim (gestuelle).
Le tambour, buk, marque des figures rythmiques complexes ; l'instrument est frappé de la main ou avec une baguette.
L'interprète du Pansori porte le nom de gwangdae. Le gwangdae exécute alternativement des passages chantés et parlés. Il est debout et se livre à une gestuelle mimétique de la narration. En guise d'accessoire, il utilise son vêtement et un éventail. Par son talent, il peut fasciner un auditoire pendant des heures.
Le Théâtre dansé avec masque
Unyul Talchum, Compagnie inscrite
au Patrimoine immatériel coréen n°61
Hahoe Talchum, Compagnie inscrite
au Patrimoine immatériel coréen n°69
Cet art scénique masqué relève de plusieurs disciplines : musique, danse, théâtre, rituel. D'abord représenté à la Cour sous forme de contes moraux joués par des moines bouddhistes, il devint le moyen d'expression favori des populations rurales et prit alors la forme de satires, fustigeant les
classes dirigeantes, les propriétaires terriens et racontant les démêlés conjugaux des uns et des autres. Ces spectacles mettaient aussi en scène la corruption, celle des moines et des représentants du pouvoir.
Le théâtre masqué a subi l'influence du chamanisme. A l'origine, les acteurs étaient des hommes et ce n'est que récemment que des femmes participent aux représentations. Les masques - en bois, papier mâché ou taillés dans une courge - étaient souvent détruits après usage afin de
chasser les mauvais esprits.
Aussi, peu de masques anciens ont-ils été conservés. Les masques permettent à l'acteur d'incarner les puissances surnaturelles et de servir d'intermédiaire avec les esprits et l'au-delà. Ils expriment sentiments et états d'âme. La symbolique de leurs couleurs se réfère aux cinq directions du chamanisme : bleu pour l'Est, rouge pour le Sud, blanc pour l'Ouest, noir pour le Nord et jaune pour le Centre. Le blanc symbolise également la noblesse. Le noir exprime la cruauté.
Daedong Gut
Rituel chamanique, Association pour la sauvegarde des rituels
de la mer de l’Ouest, Daedong-Gut
Les découvertes en Corée des attributs du chaman, tels que miroirs métalliques et grelots, datant du IVe siècle avant notre ère laissent supposer que le chamanisme se répandit sur la péninsule coréenne à l'âge du bronze. Il connut de beaux jours lorsque les premiers monarques de
Silla (57 av. J.-C.918) furent eux-mêmes des chamans. Il sera par la suite supplanté par le bouddhisme devenu, au VIIème siècle, religion d'État, et par le confucianisme qui exerçait une influence prépondérante sur les couches supérieures de la société, au point que les chamans et
leurs familles furent relégués au plus bas de l'échelle dès le Xe siècle, sous la dynastie Goryeo, et ce, jusqu'à nos jours. Mis au ban par les lettrés confucianistes, puis dénigrés par les esprits rationnels modernes, traités de sorciers, de faiseurs de tours, de charlatans, les chamans n'en sont pas pour autant éliminés. Le chamanisme demeure le fond religieux traditionnel, s'enrichit au fil des siècles d'apports taoïques, confucéens, bouddhiques, et trouve toujours des adeptes parmi les femmes, surtout dans les campagnes.
Comment devient-on chaman ? Par transmission héréditaire, très rarement par quête personnelle, parfois par décision divine, appel qui impose à l'élu le chemin à suivre. Cette troisième voie produit des chamans charismatiques et touche, en Corée, plus de femmes que d'hommes.
Corollaire : la confrérie chamaniste compte trois quarts de chamanes pour un quart de chamans (baksu).
Par John et Geneviève T. Park
Kkokdu Gaksi
Marionnettes, Compagnie de marionnettes
du Michoo Drama Institute
Le Kkokdu gaksi est l’unique forme traditionnelle coréenne de théâtre de marionnettes. Elle date de la Dynastie Koryo (Xe-XIVe siècle). La structure de la scène, ainsi que le mode de manipulation des marionnettes* sont restés tels qu'à l’origine et sont considérés comme sacrés.
Le terme Gaksi signifie "jeune vierge" ou "jeune femme" ; Kkokdu signifie "marionnette" et dérive du chinois "Gokduk" et du japonais
"Kukuz". Le terme Kkokdu Gaksi peut être traduit de deux manières: "femme
marionnette" et "première femme mariée dans la pauvreté".
Le théâtre de marionnettes appartient à la tradition namsadang, celle des
tsiganes qui circulèrent à partir de l'Inde dans les régions de l'Asie de
l'Ouest. Il est Trésor culturel intangible n°3.
Le Namsadang-nori est constitué de plusieurs éléments : le samul-nori
(percussions), les acrobaties, les marionnettes etc
Tous ces éléments sont
souvent combinés au cours de fêtes de village, ou même dans les salles de
théâtre.
Ce théâtre, comme beaucoup de manifestations artistiques traditionnelles,
fustigeait l'hypocrisie et la tyrannie de la classe dirigeante. Il
exprimait la révolte de la population contre l'injustice inhérente à la
société moraliste, contre la corruption, un système familial féodal et des
croyances imposées.
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