22/10/06 - CENSURÉE
Un vent de folie (et de bêtise) souffle sur La Réunion
On a réussi le tour de force de faire passer le Dîpavâlî pour un festival tamoul. À ce propos, il est honteux que les médias souhaitent un joyeux Dîpavâli à la communauté tamoule (que c'est original !) ; quid donc des hindous originaires du Nord de l'Inde et de Maurice vivant à la Réunion et qui sont les premiers à être concernés.
Et voilà que pendant ce même Dîpavâli, on a célébré Holî ! Selon la journaliste de RFO, c'est le festival du printemps que l'on a célébré à la fin de la fête de la lumière et que les anciens fêtaient autrefois en lançant des poudres de couleur pendant les mariages (sic). Alors là, je dis bravo ! Tant d'érudition me sidère ! Ce qui me chiffonne, c'est que le Holî fête de l'équinoxe de printemps à laquelle j'ai déjà participé en Inde - se déroule tous les ans en mars ! En 2007, c'est le 3 mars. Pour information, au Tamil Nâdou, cette fête porte trois noms : Kamavilas, Kaman Pandigai et Kama-Dahanam. Il faut savoir que la célébration de Holî dans le Sud de l'Inde est loin d'être aussi grandiose que celle qui se passe dans le Nord.
Au point où l'on en est, il faudrait célébrer tous les festivals hindous, mais aussi jaïns, sikhs, bouddhistes… et l'on pourra revendiquer d'autres jours fériés. Quant à moi, j'estime qu'il faut aussi célébrer les fêtes régionales françaises et de certaines régions d'Europe comme le Portugal ou l'Angleterre (d'où sont originaires des Réunionnais), et ce au nom de l'égalité et du communalisme puisqu'on est tombé dedans.
Pascal MARION
05/05/05 - PUBLIÉE APRÈS PROTESTATION AUPRÈS DE LA RÉDACTION
Ras le bol' lywood, ras le c... ollywood, non à l’aCacademy !
Au nom de Réunionnais, plus nombreux qu’on ne le pense, je dis " Shaan suffit " ! Mon propos n’est pas de m’élever contre la musique indienne et Shaan ne me dérange pas. Ce qui m’inquiète, c’est l’excès, pour des raisons financières évidentes, mais aussi politiques. La vente de DVD de films indiens est un bon filon et l’indianisation de la Réunion est dangereuse.
On subit quotidiennement les assauts de la chanson bollywoodienne qui, soit dit en passant, n’est pas en tamoul (si c’était le cas, on aurait mieux compris). Pour ceux qui veulent être plus Tamouls que les Tamouls, c’est un drôle de paradoxe.
Cela fait bien vingt ans que j’ai découvert le cinéma indien et que j’écoute de la musique de l’Inde, surtout classique. On ne peut donc pas m’accuser d’être contre la culture de ce pays. Mais dans une petite île comme la nôtre, fragile, il n’est pas difficile d’éliminer la culture créole. En Métropole, il y a aussi un engouement pour le Bollywood, mais cela n’a aucun effet sur une histoire plus que millénaire. Il me semble bien que séga’iznogood !
Je m’interroge aussi sur un vilain terme, d’apparition plus récente, le Collywood (ridicule !). S’il s’agit bien de la musique de films tamouls (Chennai ou Madras), qu’en est-il du Kollywood : est-ce la créolisation idéologique du mot précédent ou bien s’agit-il de la musique de Kolkatta (Calcutta) ?!
Souhaitons que cette folie médiatisée à outrance finisse par se calmer. Je vise aussi la Star aCacademy qui prouve bien que la pyramide n’a jamais été aussi pointue et sa base aussi large !
Pascal MARION
03/04/05 PUBLIÉE SANS AVOIR REALISÉ LE COTÉ IRONIQUE DE LA LETTRE (par ignorance totale de l'Inde)
Un Nouvel An vraiment tamoul !
Le Nouvel An tamoul est une occasion inespérée de découvrir les multiples facettes de la culture du Tamil Nâdou. Cette année encore, nous avons droit à un programme alléchant avec la venue de nombreux artistes qui nous permettent de mieux connaître la splendeur culturelle tamoule : Shaan la " fierté " du Tamil Nâdou ! et ses chansons tamoules bollywoodiennes, les Bhojpuri Boys, qui bien que Mauriciens, ont leurs racines en Inde (le bhojpuri est un dialecte tamoul !), les défilés de mode qui font aussi découvrir la richesse vestimentaire du Sud de l’Inde : sadri, salwar kamiz, panjabi, etc !
Seul le Dr L. Subramaniam, ce génie du violon, doit se sentir un peu perdu.
À tous les Malbars, mais aussi à tous les Réunionnais : " Andho mé kânâ râjâ ".
Vivement l’année prochaine !
Pascal MARION
07/03/05 PUBLIÉE AVEC RÉTICENCE
L’île de La Désunion ?
J’apprends avec effarement qu’un forum de discussion s’est tenu sur le thème de la femme indienne au sein de la société réunionnaise. Quelle femme indienne ? Depuis quand les Malbaraises sont-elles des Indiennes ? Visiblement, on va vers une dérive inquiétante. Je propose dans ce cas que l’on fasse un colloque sur la place de la femme réunionnaise au sein de la société indienne (qui ne sait d’ailleurs pas où se trouve la Réunion).
Il n’y a pas de doute, le communalisme est maintenant bien ancré à la Réunion. Les Caf’ ont leur fête, on parle des communautés tamoule, chinoise, musulmane. Pour ceux qui, comme moi, n’appartiennent pas à ces " communautés ", où doit-on les classer ? Il faudrait donc parler d’une communauté européenne, ou mieux encore de communauté bretonne, normande, angevine
puisque de nombreux Réunionnais sont originaire de l’Ouest de la France.
Il est grand temps de redécouvrir les belles choses qui composent notre culture commune, comme celles proposées par l’excellent ouvrage « Un siècle de musique réunionnaise ». Au lieu de propager la musique de Bollywood, qui soit dit en passant, est en hindî et non pas en tamoul, il serait naturel de revenir aux vraies traditions.
A ce propos, un animateur de RFO a qualifié de musique de Bollywood une chanson de Nusrat Fateh Ali Khan qui est Pakistanais et interprète du qawwali (chant musulman en arabe et ourdou) ! Alors là chapeau ! Bientôt ce sera au tour des films de Satyajit Ray d’être mangés à la sauce Bollywood.
De même, on n’arrête pas de parler d’Amitabh Batchan, acteur indien mais pas Tamoul ! d’une grande médiocrité, alors que des Bénédictins (et des Réunionnais) ignorent qui est Joseph Hubert (cf reportage télévisé sur la célébration de ce grand homme à Saint-Benoit). Quelle honte !
Beaucoup s’insurgeront peut-être contre mes propos. Pour leur gouverne, je connais bien l’Inde pour y avoir vécu. J’aime ce pays, mais suis d’abord Créole.
Réagissons vite avant que la Réunion ne devienne l’île de la Désunion.
Pascal MARION
23/11/04 CENSURÉE
La lumière, la paix, la politique et l’Inde !
« The show must go on »
Vous avez deviné, cela s’est passé à St-André pour la fête de Dipavali !
Effectivement, cette commune attire beaucoup de gens qui sont en quête d’exotisme indien, disons malbar, et tout le monde semble être comblé par le carnaval du Dipavali suivi par des spectacles de danse et un défilé de mode indien, que j’ai regardé à la télévision, diffusé triomphalement par RFO.
Les divertissements se sont déroulés sous les applaudissements et les yeux émerveillés des spectateurs qui ne sont pas encore conscients de ce qui leur arrive enfin, car ils sont encore sous le charme des danseurs aux bijoux étincelants !
Manifestement, le message est injecté à la fin d’une chorégraphie mélangeant les différents styles de danses avec l’hymne patriotique de l’Inde " vandé-mataram ", quand la danseuse en chef revient brusquement avec un grand drapeau tricolore, safran-blanc-vert de l’Inde et non du bleu-blanc- rouge de leur patrie, qu’elle fait onduler fièrement et ouvertement devant un public français !
On se croirait en Chine maoïste avec sa propagande grossière.
Quelle hallucination ! Vive mon pays ! « vandé-mataram ! » Cependant le drapeau de l’Inde flotte sans raison et personne ne semble vraiment outré !
Mais en fait, quel pays sommes-nous en train de bâtir ici à la Réunion ?
Quel tour de Babel sommes-nous en train de construire sur cette île ?
C’est vrai que la culture indienne est riche et elle mérite d’être partagée.
Mais concrètement, que signifie ce drapeau de l’Inde sur un podium à la Réunion ?
Sommes-nous en Inde ou bien est-ce que la Réunion est devenue aujourd'hui une partie de l’Inde ?
Peut-être que le Gange aussi se déversera bientôt dans la Rivière du Mât
Aparna MARION
18/11/04 CENSURÉE
Où est passée donc la « communauté blanche » ?
L’heure est venue justement de projeter la lumière sur cette vérité : où est donc passée la communauté « blanche » ?
Après le carnaval du Dipavali, l’éclat de Noël viendra-t-il ?
La « communauté malbare », promue par les médias « communauté tamoule », tente de nous faire connaître la culture indienne, intitulée « culture tamoule », à la Réunion depuis quelques années maintenant. Mais, ici on ignore toujours que « Dipavali » n’est pas du tout une fête tamoule !
Et que Dipavali n’est véritablement célébré que dans Nord de l’Inde ; que cette fête de la lumière dans le Pays tamoul se célèbre le mois suivant celui de Dipavali. C’est la fête de Karttiguei Dipam.
Effectivement, cette petite île me semble plutôt tristement perdue dans un monde d’obscurantisme et que la lumière de Dipavali aura beaucoup de mal à répandre ses rayons de la vraie connaissance. En Inde, Dipavali est uniquement fêté chez soi et en toute modestie, dans le bonheur partagé de la cellule familiale. C’est vrai, nous ne sommes pas en Inde ici, mais pourquoi donc on essaie de transformer ou plutôt d’inventer un événement à une si grande échelle ?
Enfin, que restera-t-il de la vraie culture créole que les ancêtres de diverses origines avaient fondé ensemble depuis leur installation sur cette île ?
Où est passée cette originalité qui avait fait et uni la Réunion malgré cette grande diversité ?
Pourquoi donc parle-t-on aujourd’hui de la communauté tamoule, musulmane, chinoise, etc. ? Ou de la religion tamoule qui n’existe pas (existe-t-il une religion française, bretonne, alsacienne ou encore chinoise
?)
Qu’obtient-on donc en tirant des lignes entre les composantes de la population réunionnaise ?
Enfin, préservons cette culture unique, qu’on appelle fièrement la « culture créole » qui a fait la richesse de cette île où toutes les couleurs éclatent de mille feux, où les différentes races se sont unies, où la cuisine du monde se fond dans la même marmite, où les gens de différentes origines vivent en toute harmonie et parlent une langue commune, le créole qui enchante les touristes, qui berce les bébés et qui dégage un charme sans égal !
Et si aujourd’hui on appelle les Indiens (des Tamouls) pour construire des temples typiques de l’Inde du Sud ou des chars, qu’adviendra-t-il de la particularité architecturale ou culturelle créée par les ancêtres malbars ?
Si on fait exactement comme en Inde, en Chine ou en Europe maintenant, ne perdrons-nous pas notre héritage créole ? Que restera-t-il pour transmettre aux futures générations ?
La culture créole est fragile, tout comme l’environnement de cette île. Les grands continents nous ensorcellent, mais pourquoi doit-on abandonner notre propre identité ?
Enfin, ne sommes-nous pas comblés par cette chance, non négligeable qu’on profite grâce a nos ancêtres en vivant aujourd’hui dans un monde de confort et de richesse et non dans les villages pauvres où il faut lutter constamment pour la survie.
Bientôt, c’est Noël. Espérons que cette belle fête nous enchantera également avec ses illuminations et l’ambiance féerique comme on le sent en Europe. Car, si on dépense généreusement pour Dipavali en singeant l’Inde, pourquoi donc on ne fait pas de même pour Noël. Car souvent on oublie que c’est à la France et à l’Europe et non à l’Inde qu’on doit cette richesse (au sens large) et que toutes leurs fêtes sont aussi belles les unes que les autres.
Aparna MARION
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