Écouter un extrait d'OLLI et commander le CD : voir à la fin de l'entretien.
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POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER AUX VISITEURS DE TERRES D’ASIE ?
Je m’appelle Ollivier LEROY, je suis chanteur, musicien et j’habite à Rennes depuis plus de 10 ans.
QUEL EST VOTRE PARCOURS ET QU’EST QUI VOUS A AMENÉ À VOUS INTÉRESSER À L’INDE, À LA MUSIQUE INDIENNE ?
J’ai débuté le piano classique vers l’âge de 6 ans, avant de m’orienter définitivement vers la voix à partir de 17 ans. Je me suis produit très vite sur scène en tant que chanteur, ce qui m’a permis d’améliorer assez rapidement ma voix. Parallèlement, je prenais des cours de chant avec un musicien américain, Bob COKE, qui m’a fait découvrir réellement la musique indienne et la théorie de cette musique. Il était lui-même joueur de tablâ et avait accompagné des chanteurs en Inde. Puis à Paris, j’ai travaillé ma voix avec Gilles PETIT, où j’ai appréhendé simultanément le chant lyrique, le chant indien, le théâtre musical. Suite à un voyage en Inde et la rencontre avec Yvan TRUNZLER, je me suis perfectionné dans le chant classique de l’Inde du Nord (Style dhroupad) en suivant son enseignement et celui de son maître Ustad FAHIDDUDIN DAGAR. Puis à Paris encore, j’ai travaillé avec une chanteuse de Calcutta, KAKOLI. Avec elle, j’ai appris l’aspect plus populaire de la musique indienne à travers des bhâjane (chants dévotionnels), des chants populaires bengalî, pandjâbî...
J’ai aussi passé une maîtrise de musicologie à l’université de Rennes 2, dont un mémoire sur « L’influence de la musique Indienne chez les compositeurs français après 1945 ». Puis j’ai formé « PÄNDIP », une formation « World music », mais j’ai aussi collaboré avec des musiciens bretons (Shafali) et des chanteurs du cru (Yan-fanch KEMENER, création « René Madec, le Nabab », avec le groupe de jazz world « MUKTA » (voir interview), plus récemment avec le groupe « LA TORDUE » pour le single « Pétrin » contre la double peine. Aujourd’hui, je poursuis mon travail de voix avec SHUAÏB, un chanteur pakistanais, pour me perfectionner dans le style « Qawwali », un chant qui me tient beaucoup à cur.
Ce qui m’a amené à m’intéresser à la musique indienne, c’est avant tout une sensibilité pour cette musique, ses sonorités, ses rythmes, ses instruments qui me touchent émotionnellement ; ensuite les rencontres ont fait le reste. Le regard, la vision qu’ont les Indiens à l’égard du chant a été aussi déterminant pour me convaincre que c’était ce chemin que je devais suivre car il correspond aussi à ma vision du chant (travail d’une vie).
VOUS VENEZ DE DÉMARRER UN NOUVEAU PROJET QUI ALLIE MUSIQUE ÉLECTRONIQUE AUX SONORITÉS INDIENNES. PARLEZ-NOUS EN. POURQUOI CE VIRAGE ?
Depuis plusieurs années je souhaite m’enrichir de sonorités électroniques et de samples d’instruments dont peu de gens en maîtrise ici la technique en France. C’est aussi le moyen de pouvoir utiliser un son de flûte d’un ensemble derviche par exemple. Dans « PÄNDIP », la direction était devenue « acoustique » et personne ne maîtrisait où n’avait envie de partir dans une coloration « électronique » qui n’était pas la sensibilité première du groupe. J’avais envie de faire un projet plus personnel où je pourrais maîtriser l’artistique du début à la fin. J’ai donc cherché d’abord un « machiniste », quelqu’un capable d’être d’irréprochable au niveau technique. Je l’ai trouvé en la personne de Jacques-Yves LAFONTAINE, Lannig LEFAUCHEUR déjà présent dans « PÄNDIP » m’a rejoint à L’harmonium, il a toujours été présent sur tous mes projets ensuite une rythmique basse/batterie est venue compléter le tout. Nous avons fait quelques concerts pour rôder l’histoire et puis aujourd’hui sort un premier single « Téri méri dosthi » en autoproduction comme première carte de visite du projet.
« OLLI » SIGNIFIE-T-IL LA FIN DE VOTRE GROUPE PÄNDIP, QUI MARIAIT AVEC BONHEUR LA MUSIQUE FRANÇAISE ET LA MUSIQUE INDIENNE ?
« OLLI » est à la suite logique de « PÄNDIP ». Je pense que « PÄNDIP » a fini par s’essouffler artistiquement au bout de sept ans, mais aussi au niveau de la motivation, surtout à cause de la difficulté aujourd’hui de tourner et de faire des disques quand on n’a aucun soutien d’un label ou d’une maison de disque. Pour « OLLI », il y a un tourneur, un manager et de bonnes réactions au niveau des maisons de disques, les choses se présentent mieux, ça fait aussi du bien de voir que l’on commence à reconnaître votre travail, votre démarche...
VOTRE SITE INTERNET NE DONNE PAS D’INFORMATION SUR LES PAROLES ET L’AUTEUR ? DE QUELLE LANGUE S’AGIT-IL ? AVEZ-VOUS ÉCRIT LE TEXTE ?
Pour le moment le site Internet d’« OLLI » vient juste d’être mis en place et je n’ai pas encore eu le temps de développer l’aspect des textes et leur contenu (son auteur...) mais cela va venir très prochainement. Les paroles sont en hindî ou en SA, RÉ, GA... DA, NI, SA (notes indiennes). J’ai pu grâce à Aparna MARION NARAYAN développer les textes hindî dans ma musique ; elle a été ma professeur de hindî, puis elle a commencé à m’écrire des textes originaux. Elle écrit depuis longtemps de la poésie, elle a été intéressée par le fait de mettre des textes à elle en musique. Cela m’a permis de personnifier le projet car avant je ne chantais que des textes puisés dans des chants traditionnels ; là l’ensemble devient totalement créatif.
POURQUOI PAS DES TEXTES EN FRANÇAIS ? ALLEZ-VOUS CONTINUER À CHANTER UNIQUEMENT EN HINDÎ ?
À mon avis le projet se prête plus au hindî qu’au français. De plus j’aime beaucoup chanter en hindî, et cette langue a une énorme musicalité qui se marie à merveille avec ma voix et l’électronique. Cela ne veut pas dire que je laisse tomber le français. J’aimerais trouver peut-être quelqu’un qui m’écrive aussi de bons textes en français qui me correspondent, mais « OLLI » semble plus destiné au hindî.
CE CHOIX DU HINDÎ CORRESPOND-IL À UNE ATTENTE DU PUBLIC OU EST-CE UNE MANIÈRE DE PERCER SUR LE MARCHÉ INTERNATIONAL ?
Non, c’est une démarche vraiment personnelle. Quand je chante, les gens ont souvent l’impression que c’est de l’anglais, ou une langue européenne, ou même du breton. Le hindî ne semble pas les gêner, ça les intrigue plus de savoir ce que veulent dire les paroles. Le hindî, c’est vrai, permet de se faire entendre partout dans le monde mais au départ pour moi ce n’etait pas un calcul, une stratégie commerciale, juste une envie, une réelle sensibilité pour cette langue que j’ai découverte à travers l’apprentissage du chant indien.
QUEL EST L’ACCUEIL DES MÉDIAS ET DU PUBLIC POUR CE NOUVEAU PROJET ?
Pour le moment le public, tout comme les médias semblent accueillir le projet plutôt favorablement. Le coté électronique du projet séduit beaucoup plus de gens et les médias plus habitués à chroniquer, diffuser de la musique d’aspect électronique qu’à écouter de la musique classique indienne ; ils trouvent le projet prometteur.
CONNAISSEZ-VOUS D’AUTRES GROUPES FRANÇAIS QUI JOUENT DANS LE REGISTRE INDE/MUSIQUE OCCIDENTALE ?
Le registre Inde/musique occidentale n’est pas nouveau depuis les Beatles. Ce concept n’a cessé d’être exploré car je crois qu'il fascine beaucoup les musiciens. En France, cette démarche est assez marginale, il y a des groupes comme « MUKTA » avec lequel j’ai collaboré qui mélange avec bonheur le jazz et le sitâr indien mais c’est surtout en Angleterre où le mouvement dit « Indian vibes » est important avec Nitin Sawhney, Badmarsh and Shri, le Label « Outcaste », ou encore Transglobal Underground, pionnier dans ce domaine et le Label « Nation Records » entre autres.
QUELLE GENRE DE MUSIQUE ÉCOUTEZ-VOUS ?
Évidemment, je suis attentif à toutes les musiques, mais j’écoute plutôt de la musique indienne pour mon imprégnation, de la « World music », de la « pop » parfois et un peu de chanson française, du jazz et du classique ; cela dépend des moments et de mon humeur.
QUELS SONT VOS PROJETS ?
Pour le moment, c’est de développer « OLLI » et de le faire connaître, d’enregistrer de nouveaux titres pour sortir un premier album, faire des concerts à l’étranger et en France, rencontrer de nouvelles personnes pour faire évoluer le projet.
Propos recueillis par Pascal Marion (octobre 2002).
DISCOGRAPHIE : OLLIVIER LEROY
PÄNDIP
1998 : Albums « Parfums » (Keltia musique) (15 euros).
1999 : Mini L.P. (3 titres) (Autoproduction) (épuisé).
2001 : Mini L.P. (4 titres) (Autoproduction) (8 euros).
SHAFALI
1999 : Mini L.P (4 titres) (Amoc/Faune Production) (8 euros).
OLLI
2002 : Single « Téri méri Dosthi » comprenant un remix de Paul Kendall (Depeche Mode...) de 7’15". (6 euros + 1 euro frais de port).
Écouter :
PARTICIPATIONS :
Avec « MUKTA » premier album (Warner Music).
Avec « LA TORDUE » single « Pétrin » contre la double peine à paraître chez Sony music.
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